Les travailleurs sont épuisés mais peu inquiets pour leur emploi

Plus de 50% des travailleurs, un taux record, ne craignent pas de perdre leur emploi. L'épuisement ...
Les travailleurs sont épuisés mais peu inquiets pour leur emploi

Le nombre élevé d'heures supplémentaires et le fait de travailler même sur son temps libre sont deux facteurs qui contribuent à l'épuisement au travail, selon le baromètre publié jeudi par Travail.Suisse et la Haute école spécialisée bernoise (Photo d'illustration/KEYSTONE/CHRISTIAN BEUTLER Le nombre élevé d'heures supplémentaires et le fait de travailler même sur son temps libre sont deux facteurs qui contribuent à l'épuisement au travail, selon le baromètre publié jeudi par Travail.Suisse et la Haute école spécialisée bernoise (Photo d'illustration/KEYSTONE/CHRISTIAN BEUTLER

Plus de 50% des travailleurs, un taux record, ne craignent pas de perdre leur emploi. Dans le même temps, l'épuisement professionnel est au plus haut, selon le "Baromètre conditions de travail 2023" publié jeudi par Travail.Suisse et la Haute école spécialisée bernoise. De plus, les employeurs n'investissent pas assez dans la formation et une proportion croissante de travailleurs estime que l'égalité salariale n'est pas respectée dans leur entreprise, constate le sondage.

Plus de 820'000 personnes envisagent de changer d'emploi en raison d'un stress excessif et de contraintes psychiques au travail, contre 650'000 en 2022. Plus d'un travailleur sur trois indique en outre être souvent ou très souvent trop épuisé pour s'occuper de ses affaires personnelles ou familiales durant son temps libre, une proportion record déjà en hausse ces dernières années.

Le travail durant les congés - qui concerne plus de 60% des sondés -, le nombre élevé d'heures supplémentaires et un taux d'occupation plus haut que souhaité pointent en tête des facteurs qui expliquent cette hausse de l'épuisement au travail.

"C'est le stress qui représente le plus grand risque pour la santé au travail, pas la grippe ou les accidents professionnels", souligne Adrian Wüthrich, président de Travail.Suisse. Il tire la sonnette d'alarme et appelle le Parlement à agir au cours de la prochaine législature pour protéger la santé des travailleurs et travailleuses.

La formation à la peine

La bonne nouvelle, c'est que le faible taux de chômage et la pénurie de main-d'oeuvre marquée contribuent à une grande sécurité de l'emploi. Ainsi, plus de la moitié des travailleurs ne craignent pas pour leur emploi, une hausse de plus de 10 points de pourcentage par rapport à 2019. Les sondés évaluent de plus leurs chances de trouver un nouvel emploi en cas de changement volontaire ou involontaire comme étant très bonnes.

Malgré la pénurie de main-d'oeuvre qualifiée, les employeurs n'investissent pas assez dans la formation professionnelle initiale et continue, regrette cependant Travail.Suisse. Cela concerne spécialement les personnes peu qualifiées et celles qui travaillent à temps partiel.

La "mascarade" de la loi sur l'égalité

Le sondage révèle également qu'une proportion croissante d'employés considère que l'égalité salariale n'est pas respectée dans leur entreprise. Deux tiers indiquent d'ailleurs ne pas être au courant des résultats des analyses salariales que les employeurs de plus de 100 collaborateurs étaient tenus d'effectuer et de communiquer à leurs salariés d'ici au 30 juin 2023 dans le cadre de la révision de la loi sur l'égalité.

Soulignant que des contrôles de conformité ne sont pas prévus dans la nouvelle loi, Léonore Porchet, vice-présidente de Travail.Suisse et conseillère nationale verte réélue, appelle à mettre "fin à la mascarade" et à "enfin" renforcer la loi sur l'égalité.

Ce sondage représentatif est réalisé chaque année depuis 2015 auprès de 1500 personnes âgées de 16 à 64 ans.

/ATS

 

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