La Ville de Moutier a lancé mercredi en début de soirée les festivités marquant son transfert à minuit dans le canton du Jura. Son maire Marcel Winistoerfer, le vice-président du Gouvernement jurassien Stéphane Theurillat et le président du comité "Moutier Ville jurassienne" Cédric Erard ont souligné lors de la partie officielle le caractère historique de l'événement et salué le retour de la cité prévôtoise dans la "maison jurassienne".
"Un demi-siècle après la création du canton du Jura, Moutier va le rejoindre. La ville retrouve sa patrie naturelle", a déclaré Marcel Winistoerfer devant quelque 300 personnes rassemblées par un froid mordant devant l'Hôtel de Ville. "C'est une émotion intense et exceptionnelle qui nous est donnée de vivre".
Pour le maire autonomiste de la cité prévôtoise, l'histoire du pays s'enrichit d'une nouvelle page, riche en émotions et en aventures. L'élu a salué la ténacité et la persévérance de ceux qui ont permis ce transfert. "On ne va pas au paradis, ça viendra bien assez tôt, mais on va au Jura".
Portée historique
Le vice-président du Gouvernement jurassien Stéphane Theurillat a aussi évoqué la portée historique de ce 31 décembre 2025. "Ce que nous vivons ce soir dépasse largement l'actualité immédiate et s'inscrit dans un temps long, celui de la lutte pour un Jura uni, menée avec conviction par des générations entières".
Pour le ministre, ce 31 décembre n'est pas seulement la fin d'un processus institutionnel exceptionnel. "Il est surtout le début d'une nouvelle étape de vie commune pour Moutier dans sa maison jurassienne". Et d'affirmer que ce processus était unique en Suisse, tant par sa durée que par sa méthode.
Discours militant
"En ce mercredi 31 décembre 2025, nous vivons donc le dernier jour de Moutier sous administration bernoise. Nous nous réveillerons demain Jurassiens", a lancé Cédric Erard, président du comité "Moutier Ville jurassienne", dans un discours plus militant.
Cédric Erard a évoqué le chemin parcouru jusqu'au transfert tout en dénonçant l'attitude de certains des adversaires du changement de canton. "La lutte fut rude, l'adversité souvent détestable. Et que de temps perdu en raison de recours dilatoires acceptés par une justice arbitraire et téléguidée".
Cas Belprahon
"Moutier Ville jurassienne" a réitéré sa solidarité avec Belprahon, commune qui avait refusé lors d'un vote de rejoindre le canton du Jura alors que le sort de Moutier était suspendu à des recours. Pour Cédric Erard, la volonté de la population n'a pas été prise en compte. "Chers amis de Belprahon ne lâchez rien", a-t-il lancé sous les applaudissements.
Présente à titre privé au banquet organisé pour fêter le transfert de Moutier dans le canton du Jura, Elisabeth Baume-Schneider a expliqué à Keystone-ATS que la Question jurassienne avait été réglée "par le dialogue et l'écoute".
"C'est une réponse démocratique, à la Suisse", a ajouté la cheffe du Département fédéral de l'Intérieur, soulignant que chaque partie avait pu donner son avis.
La soirée va se poursuivre avec un banquet réunissant1200 convives, suivi d'un cortège aux flambeaux et d'un spectacle son et lumière devant l'Hôtel de Ville avant le décompte des secondes et l'arrivée officielle de Moutier dans le canton du Jura.
/ATS








