Armasuisse revoit sa procédure d'achats aux Etats-Unis

L'Office fédéral de l'armement (armasuisse) veut acheter du matériel militaire directement ...
Armasuisse revoit sa procédure d'achats aux Etats-Unis

Urs Loher tire les leçons de l'achat des F-35 aux Etats-Unis.

Photo: KEYSTONE/PETER KLAUNZER Photo: KEYSTONE/PETER KLAUNZER

L'Office fédéral de l'armement (armasuisse) veut acheter du matériel militaire directement auprès des fabricants américains plutôt que par l'intermédiaire du gouvernement américain. "C'est l'un des principaux enseignements tirés de l'achat du F-35", dit son directeur.

Interrogé mercredi dans la Neue Zürcher Zeitung, Urs Loher relève cependant que les achats directs nécessitent le feu vert des autorités américaines.

Et, selon lui, c'est possible avec le système de défense antiaérienne Patriot. "Comme il s'agit d'un système qui a fait ses preuves depuis des années, certains composants peuvent très bien être achetés directement auprès des industriels". En revanche, un achat direct d'avions de combat à la pointe de la technologie, comme le F-35, est exclu, ajoute-t-il.

Armasuisse effectue ses achats auprès des États-Unis par le biais du programme "Foreign Military Sales" (FMS). Ce dernier permet au gouvernement américain de garder le contrôle sur les pays qui ont accès à la technologie militaire de pointe, explique M. Loher. Le gouvernement bénéficie également d'économies d'échelle, ce qui lui permet d'acheter lui-même à des prix plus avantageux, poursuit le chef d'armasuisse.

Remboursement partiel

Ce programme ressemble à une "formule tout compris", ce qui évite "de longues négociations avec les géants de l'armement", note-t-il. Mais l'acquisition des avions F-35 a mis en évidence des "pièges considérables", notamment en cas de litige, par exemple concernant un prix fixe, car il n'existe aucune juridiction compétente, ajoute le responsable. De plus, l'acheteur dépend de la liste des priorités des États-Unis et, en cas de retards de livraison, aucune pénalité contractuelle n'est généralement possible, relève-t-il encore.

Armasuisse a été confrontée à des retards de livraison et à des changements de priorités avec les cinq unités de tir Patriot acquises en 2021. La livraison est retardée de cinq à sept ans. L'office fédéral a évalué un deuxième système. Le choix définitif incombe au Conseil fédéral, indique M. Loher.

Les États-Unis voulant livrer à l'Allemagne des systèmes Patriot initialement destinés à la Suisse, "nous repartons pour l'instant bredouille, mais nous récupérons tout de même, au moins en partie, les acomptes versés", affirme le chef de l'armement. Ceux-ci s'élevaient à ce jour à un peu plus d'un milliard de francs. La date de ce remboursement partiel n'est toutefois pas encore fixée, ajoute-t-il.

/ATS


 

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