A Davos, derniers réglages avant l'élection au Conseil de sécurité

La réunion annuelle du Forum économique mondial (WEF), centrée sur l'Ukraine, a donné aussi ...
A Davos, derniers réglages avant l'élection au Conseil de sécurité

A Davos, derniers réglages avant l'élection au Conseil de sécurité

Photo: KEYSTONE/EPA/LAURENT GILLIERON

La réunion annuelle du Forum économique mondial (WEF), centrée sur l'Ukraine, a donné aussi la possibilité à la Suisse d'un dernier effort pour sa candidature au Conseil de sécurité de l'ONU. A Davos (GR), plusieurs dirigeants étrangers la voient très positivement.

Le président de la Confédération Ignazio Cassis ne l'a pas caché. Il est venu cette année au WEF pour préparer la conférence de Lugano sur la reconstruction de l'Ukraine, début juillet. Pour autant, il a admis face à la presse que la candidature suisse pouvait être encore abordée 'de manière ciblée' dans ses rencontres, lorsque des doutes sont identifiés auprès de certains pays.

Mais l'effort pour garantir suffisamment de votes le 9 juin à l'Assembléee générale de l'ONU a été mené ces dernières années. 'Je l'ai fait chaque jour depuis cinq ans', affirme M. Cassis. 'Je crois pouvoir dire que tout est fait et que nous n'attendons pas de surprises', ajoute-t-il.

Pour être élue pour deux ans comme membre non permanent de l'organe le plus important de l'ONU dès 2023, la Suisse devra recueillir deux tiers des voix. Mais comme elle est la seule candidate avec Malte pour les deux sièges du bloc de l'ouest de l'Europe, cette élection semble acquise.

Assistance humanitaire

A Davos, les responsables politiques de plusieurs pays interrogés par Keystone-ATS estiment surtout que le profil de la Suisse peut être productif pour le Conseil de sécurité en cette période de tensions. Berne 'peut apporter beaucoup', estime le président colombien Ivan Duque. Il s'est réjoui d'une candidature d'un Etat qui a oeuvré 'au déminage' de son propre pays affecté par des décennies de guerre.

'La Suisse a mené d'importantes activités en termes humanitaires', affirme le chef de l'Etat colombien, sur le départ après son mandat de cinq ans, qui a rencontré à Davos le conseiller fédéral Alain Berset.

De son côté, l'émissaire américain pour le climat John Kerry a discuté avec le président de la Confédération. Il reste prudent dans ses déclarations pour ne pas outrepasser son mandat et ne pas s'exprimer à la place du président Joe Biden. Mais lui qui voit dans la Suisse un 'exemple' dans la lutte contre le réchauffement climatique, estime que la 'réputation' de ce pays peut avoir un rôle positif dans l'organe exécutif.

Pour en savoir davantage sur l'approche américaine sur cette question, les parlementaires sont un peu plus volubiles. Notamment le sénateur démocrate Joe Manchin. Celui qui est désormais le trublion de son parti pour s'être opposé à M. Biden sur le plan de relance lié à la pandémie et, plus récemment, sur l'avortement, est plus apaisé au moment d'évoquer la Suisse.

Réforme et multilatéralisme

Il mentionne un pays 'qui nous rassemble'. En pleine crise ukrainienne, 'nous avons besoin de cette sorte d'intermédiaire', insiste M. Manchin, qui fait partie du groupe d'amitié avec la Suisse au Sénat américain. Climat ou encore sécurité alimentaire, 'les défis sont nombreux', ajoute-t-il.

Face aux cinq membres permanents du Conseil de sécurité, la Suisse va peut-être pousser pour une réforme de l'organe, qu'elle soutient depuis de nombreuses années. Une approche que les pays africains veulent également faire avancer.

Berne ne doit pas la porter 'seulement pour satisfaire l'Afrique', affirme le président rwandais Paul Kagame. Mais parce qu'il faut une situation plus 'équitable' pour tous.

Plus largement, le président rwandais voit en la Suisse un pays qui peut faire oeuvrer pour la santé mondiale, en pleine pandémie, mais aussi sur l'Ukraine. Berne 'peut apporter sa compréhension des raisons fondamentales et des solutions possibles' dans conflit, ajoute-t-il aussi.

Dans le bloc que la Suisse représentera si elle est élue, l'attitude est également au soutien d'une arrivée au Conseil de sécurité. 'Nous sommes positifs', affirme le Premier ministre belge Alexander De Croo. Saluant l''expérience' helvétique et son rôle comme 'terrain neutre', il souhaite avant tout que celle-ci défende le multilatéralisme.

/ATS
 

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