Assens (VD): 14 ans de prison pour le meurtre de sa femme

Le Tribunal criminel d'Yverdon-les-Bains (VD) a condamné vendredi à 14 ans de prison pour meurtre ...
Assens (VD): 14 ans de prison pour le meurtre de sa femme

Assens (VD): 14 ans de prison pour le meurtre de sa femme

Photo: Keystone

Le Tribunal criminel d'Yverdon-les-Bains (VD) a condamné vendredi à 14 ans de prison pour meurtre le quadragénaire qui a tué sa femme et fait croire à sa disparition, fin 2012 à Assens (VD). Le mari a agi sans préméditation, sous le coup d'une rage irrépressible.

La Cour a acquis la 'conviction' que la version du prévenu est 'crédible'. Cet ingénieur de 46 ans, ex-cadre à la ville de Lausanne, n'a 'pas le profil d'un stratège machiavélique. Il a perdu, sur un mot, tout contrôle de lui-même', a expliqué la présidente.

'Tire-toi connard': la victime aurait prononcé ces mots la nuit du drame, lorsque son époux a regagné le domicile conjugal pour tenter de renouer le dialogue. Un scénario plausible, pour la Cour, qui rappelle que le couple, qui s'était rencontré un an auparavant, multipliait les ruptures aux motifs futiles et les réconciliations.

A ces mots, l'homme a explosé, s'est jeté sur sa femme qui reposait sur le lit et l'a étranglée. Un acte 'odieux', mais commis sans préméditation, sous le coup d'une rage irrépressible et imprévue.

Meurtrier, pas assassin

Le Tribunal a écarté l'assassinat, qu'avait requis le Parquet, au profit du meurtre, car le prévenu ne présente pas 'la froideur affective et l'absence totale de scrupule qui caractérisent un assassin'. Comme le montre la jurisprudence, 'le sang-froid, à lui seul, ne suffit pas pour caractériser un assassinat'.

Si le meurtrier a gardé le silence après son geste fatal, allant jusqu'à enterrer le corps dans un bois et faire croire pendant six semaines à une disparition, c'est 'pour gagner du temps' et mettre son fils en 'sécurité', dans une famille aimante. La Cour a admis ses dires, tout en qualifiant ce comportement de 'choquant'.

Culpabilité extrêmement lourde

La culpabilité du meurtrier n'en reste pas moins 'extrêmement lourde'. Il a 'ôté la vie et privé son fils de sa mère', a ajouté la présidente. La nuit du drame, il a laissé son fils de trois mois seul pendant plus de dix heures, ce qui lui vaut d'être aussi condamné pour violation du devoir d'assistance. Cet abandon a mis en danger le développement de l'enfant sur le plan affectif.

Le tribunal a partiellement admis les importantes indemnités réclamées par la famille de la victime et par la curatrice de l'enfant. Il devra verser 50'000 francs pour tort moral à son fils - en plus de sa pension mensuelle - et 110'000 francs à sa belle-famille, plus 40'000 francs de dépens pénaux.

Recours possibles

Les parties peuvent faire recours. A l'issue de l'audience, le Parquet, qui avait requis 18 ans de prison, a indiqué qu'il allait déposer dans les cinq jours une déclaration d'appel. Il décidera du maintien ou non de ce recours après réception du jugement complet.

'On a retenu la vérité', a relevé pour sa part Me Manuela Ryter Godel, l'avocate de l'accusé, qui avait plaidé le meurtre passionnel. 'Je suis très heureuse que d'une certaine manière on lave l'honneur de mon client. C'est l'essentiel. C'est un jugement qui restera et que son fils connaîtra.'

/ATS


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