Bilan positif du dispositif de prévention des radicalisations

Le canton de Genève tire un bilan positif du dispositif de prévention des radicalisations religieuses ...
Bilan positif du dispositif de prévention des radicalisations

Le canton de Genève tire un bilan positif du dispositif de prévention des radicalisations religieuses et politiques violentes. Depuis son lancement en juin 2016, il a traité 126 situations, essentiellement liées à l'islam radical.

Le dispositif genevois de prévention socio-éducative 'Gardez le lien' a été le premier en Suisse romande et le troisième dans le pays, a rappelé lundi devant les médias le conseiller d'Etat Thierry Apothéloz, en charge du Département de la cohésion sociale. Il est depuis soutenu par la Confédération.

La plateforme permet aux proches et aux organisations privées et publiques, inquiets par rapport à une personne, d'obtenir un conseil ou une prise en charge par des professionnels, qui travaillent en réseau. 'Les situations sont analysées au cas par cas, pour un accompagnement individualisé', a relevé le magistrat. Selon lui, le dispositif a aussi permis de désamorcer des peurs.

Islam radical

En plus de trois ans, la plateforme a reçu 74 appels téléphoniques et 24 messages via son site Internet. En outre, les institutions - écoles, police, assistants sociaux, aide sociale - ont transmis 28 situations. La moitié des demandes sont venues de proches, l'autre d'institutions.

Sur les 101 situations qui ont été approfondies, 85 concernent des inquiétudes liées à l'islam radical et deux à d'autres types d'extrémisme religieux, comme l'évangélisme, a expliqué Géraldine Casutt, au nom de l'association Rhizome qui est le premier répondant du dispositif. Quatorze cas relèvent de l'extrémisme politique, de droite ou de gauche. Les hommes sont concernés dans deux tiers des cas.

Dix pourcents des cas ont été transmis à la police, notamment parce que les indices montrent des risques de violences motivés idéologiquement. 'La police peut inviter la personne à un entretien préventif, afin de lui indiquer qu'elle est sur le radar', a fait savoir André Duvillard, délégué du Réseau national de sécurité.

'L'EI n'est pas mort'

Plus de 50% des préoccupations récurrentes portent sur le lien entre une idéologie ou une religion et un comportement violent, l'isolement ou encore le décrochage scolaire. Les inquiétudes sur une conversion religieuse sont aussi très fréquentes, a rapporté Mme Casutt. Suivent les projets ou le départ dans un pays étranger, puis les rencontres sur les réseaux sociaux et les consultations sur Internet.

'Le dispositif constitue un filet de sécurité très rapide pour pallier aux vulnérabilités des personnes concernées', a souligné Mme Casutt. Selon la sociologue des religions, certaines situations sont suivies à long terme. Selon Yann Boggio, secrétaire général de la Fondation pour l'animation socioculturelle, Genève n'a pas connu de départ à l'étranger depuis le lancement de la plateforme.

Pour André Duvillard, ce dispositif a encore sa raison d'être: 'L'Etat islamique donne l'impression d'être mort, mais il faut rester attentif.' Et d'évoquer la thématique des revenants, leur réintégration et leur désengagement, mais aussi 'la crainte que des personnes restées ici passent à l'acte ici.'

/ATS
 

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