Caritas veut plus d'argent pour la coopération au développement

La Suisse doit multiplier par deux les fonds alloués à la coopération au développement, estime ...
Caritas veut plus d'argent pour la coopération au développement

Caritas veut plus d'argent pour la coopération au développement

Photo: KEYSTONE/EPA/KIM LUDBROOK

La Suisse doit multiplier par deux les fonds alloués à la coopération au développement, estime Caritas. Pour l'ONG, les moyens pour le faire existent dans un pays qui 'se porte extrêmement bien financièrement'.

Pour Caritas, la Confédération doit porter ses dépenses totales en matière de coopération au développement et de protection du climat dans les pays pauvres à 6,5 milliards de francs. Cela équivaut à une augmentation de 0,44% à 1% du produit national brut (PNB), écrit l'ONG dans un communiqué publié lundi.

'La Suisse pourrait ainsi rattraper des pays comme la Suède, la Norvège et le Luxembourg', affirme Caritas. Qui propose que la Confédération, 'au lieu de réduire sa dette à un niveau extrêmement bas, augmente ses investissements pour un monde pacifique où nos enfants auront envie de grandir'.

Des fonds pour le climat

En matière climatique également, Caritas invite Berne à agir de manière plus active. Elle rappelle que les pays industrialisés se sont engagés à fournir des fonds nouveaux et supplémentaires pour le climat en plus des fonds existants pour l'aide au développement.

Pour Caritas, 'il n'est pas admissible que la Suisse - malgré sa responsabilité dans le réchauffement et malgré les engagements internationaux en matière de politique climatique - soit toujours en retrait quand il s'agit d'apporter son aide dans ce domaine'.

L'ONG catholique présentait lundi sa réponse à la procédure de consultation sur le message du Conseil fédéral pour la coopération internationale 2021-2024. Elle se félicite que, pour la première fois, ce message ait été soumis à une consultation.

Le gouvernement prévoit de mieux cibler l'aide publique au développement pour gagner en efficacité. Il n'y aura plus que quatre régions prioritaires au lieu de six pour 34 pays prioritaires au lieu de 46. Un accent plus marqué sera mis sur les intérêts suisses, la croissance économique et le potentiel du secteur privé.

Lutter contre la pauvreté

Caritas juge 'pertinents' les critères retenus par le gouvernement, tout en souhaitant 'préciser certains points'. Elle rejette notamment une focalisation unilatérale sur le secteur privé en Suisse.

Si le Conseil fédéral veut utiliser la coopération au développement pour promouvoir une croissance économique durable et créer des emplois, cela doit clairement servir la lutte contre la pauvreté, martèle Caritas.

L'extrême pauvreté est en effet loin d'avoir été vaincue. Quelque 750 millions de personnes vivent en effet toujours avec moins de 1,90 dollar par jour. Dans ce contexte, la coopération au développement suisse doit promouvoir 'des emplois dignes garantissant le minimum vital'.

L'ONG se réjouit par ailleurs que le Conseil fédéral renonce à conditionner la coopération à la conclusion d'accords de réadmission en matière d'asile. Pour elle, 'il serait erroné d'utiliser la coopération internationale de la Suisse pour soutenir des mesures réprimant la fuite et la migration à court terme', estime-t-elle. Cela ne ferait qu'exacerber à long terme les problèmes sous-jacents.

/ATS
 

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