Claude D. affirme avoir voulu mourir après avoir tué Marie

Au deuxième jour de son procès, Claude D. a raconté mardi comment il avait tué Marie et affirmé ...
Claude D. affirme avoir voulu mourir après avoir tué Marie

Claude D. affirme avoir voulu mourir après avoir tué Marie

Photo: Keystone

Au deuxième jour de son procès, Claude D. a raconté mardi comment il avait tué Marie et affirmé qu'il avait prévu de se supprimer après coup. L'inspecteur principal a décrit l'accusé comme un être 'd'une froideur extrême' et totalement dépourvu d'émotions.

Le Tribunal de la Broye, qui siège à Renens (VD), a consacré la journée entière à l'interrogatoire de Claude D. Au cours de très longues minutes, l'accusé a pu démontrer son obsession du détail et des infinies controverses sur des éléments complètement annexes à la cause.

'Je suis maniaque, ça peut devenir un défaut de toujours vouloir tendre à la perfection. Oui, ça peut être pesant', a expliqué Claude D. Par d'autres remarques, il a souligné son besoin de tout contrôler, la position de chaque objet dans son appartement, par exemple.

Se suicider après

Ce mode de fonctionnement est aussi ressorti lors de la longue évocation des heures fatales à Marie, 19 ans, tuée durant la nuit du 13 au 14 mai 2013. Enlevée, ligotée, les deux individus sont restés durant des heures dans la voiture de Claude D, au bois de la Scie de Châtonnaye (FR).

'Je lui ai annoncé que nous allions mourir. Mon idée était également de mourir', a affirmé l'accusé de 39 ans. Questionné à plusieurs reprises par le procureur général Eric Cottier sur l'attitude de Marie, il a laissé entendre que la jeune fille avait accepté son sort. Sommé de s'exprimer devant le père et la soeur de la victime si Marie n'avait pas résisté, Claude D. a refusé de répondre.

Terrible agonie

Interrogé sur la durée de la strangulation de la jeune fille, Claude D. a déclaré qu'il avait fini par dire n'importe quoi, sous la pression de la police. Selon l'acte d'accusation, il aurait serré le cou de Marie pendant 10 minutes et aurait bien vérifié ensuite sa mort.

L'accusé aurait ensuite entendu un train, mais pas réussi à le situer pour se jeter dessous. Sa course effrénée, poursuivi par la police, n'aurait été en fait qu'une volonté de se tuer au volant. A un endroit bien connu, contre un muret.

Froideur extrême

Frappant par son assurance, sa décontraction, son goût de la répartie vis-à-vis du tribunal ou du procureur, Claude D. a été décrit par l'inspecteur principal qui s'est occupé de lui comme un être 'totalement dénué d'émotions, d'un détachement frappant et d'une froideur extrême'. Chez lui, il n'y a eu 'aucun regret envers la victime, par rapport à l'acte ou la famille de la victime'.

Durant la matinée, l'accusé a contesté toute relation amoureuse avec Marie. Comme la veille, il a systématiquement cherché à démontrer que la jeune fille 'se prostituait', qu'elle menait des vies parallèles, alors que certains la prenaient pour 'une fille de pasteur', le métier de son père.

Noir tableau de Marie

Pour expliquer l'attrait qu'il exerçait, selon lui, sur Marie, Claude D. a avancé à nouveau l'argent, les milliers de francs qu'il avait toujours sur lui. Sa façon claire de tout payer. Marie aurait misé là-dessus à plus long terme.

Interrogé plusieurs fois sur les mobiles de son acte, Claude D. a répété son refus de répondre. Il a mentionné 'une bande de Blacks' menaçants, que Marie aurait connus lorsqu'elle travaillait dans un fast-food. C'est aussi à cause de ces gens que lui-même aurait à tout prix essayé de se procurer une arme.

Pas confiance dans le système

Selon Claude D, 'on l'empêche' de prouver ce qu'il dit en lui refusant l'accès à des données téléphoniques. Et s'il ne veut pas donner davantage d'informations aux enquêteurs pour qu'ils puissent se lancer sur une piste, c'est parce qu'il n'a 'pas confiance dans le système, ni dans l'inspecteur'. Les experts psychiatriques devraient être entendus mercredi.

/ATS


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