Des données du passé pour mieux comprendre le futur réchauffement

Les données sur les périodes de réchauffement du passé, jusqu'à -3,5 millions d'années, laissent ...
Des données du passé pour mieux comprendre le futur réchauffement

Des données du passé pour mieux comprendre le futur réchauffement

Photo: KEYSTONE/AP/JOHN MCCONNICO

Les données sur les périodes de réchauffement du passé, jusqu'à -3,5 millions d'années, laissent penser que les conséquences à long terme du réchauffement actuel sont sous-estimées. C'est ce qu'indique une étude internationale avec participation suisse publiée lundi.

Des chercheurs de 17 pays, comprenant une équipe bernoise, ont épluché les données de plusieurs épisodes de réchauffement de la planète survenus au cours des derniers 3,5 millions d'années.

Les températures ont en effet été à plusieurs reprises de 0,5 à 2 degrés supérieures à celles de l'ère préindustrielle du 19e siècle, qui servent de référence pour l'évaluation du réchauffement actuel, a indiqué lundi l'Université de Berne dans un communiqué.

Au cours de ces périodes, les latitudes hautes situées près des pôles se sont réchauffées davantage que les tropiques, comme le prévoient les modèles actuels dans le cas d'une hausse de 2 degrés d'ici 2100.

Sous-estimation

Après comparaison des épisodes passés avec des simulations informatiques basées sur les modèles actuels, les scientifiques arrivent à la conclusion que le réchauffement est sous-estimé sur le long terme, et en particulier ses effets au niveau des pôles.

La fonte du pergélisol pourrait relâcher davantage de CO2 et de méthane qu'estimé jusqu'ici, ce qui renforcerait le réchauffement global. Si la limite de 2 degrés telle que visée par l'Accord de Paris est respectée, le risque d'un emballement catastrophique des gaz à effet de serre est toutefois jugé 'plutôt faible'.

Néanmoins, estiment les chercheurs, il y a lieu d'intégrer dans les futurs calculs la grande quantité de CO2 qui pourrait s'échapper du permafrost. 'Si l'on tient compte de ce CO2 supplémentaire, nous avons encore moins de marge de manoeuvre pour des erreurs ou des retards dans les efforts de réduction des émissions et de stabilisation du climat', explique Hubertus Fischer du Centre Oeschger de l'Université de Berne, cité dans le communiqué.

Accélération de la montée des eaux

Même un réchauffement compris entre 1,5 et 2 degrés aurait pour conséquence une fonte des glaces considérable accompagnée d'une hausse de plus de six mètres du niveau des océans. Et cela pour plusieurs millénaires. La montée des eaux pourrait aussi s'accélérer, avec des conséquences dramatiques sur les zones côtières.

Cette étude est le résultat d'un colloque tenu en avril 2017 à Berne avec les universités de Nouvelle-Galles-du-Sud (AU) et de l'Oregon (USA) dans le cadre de l'initiative scientifique 'Warmer Worlds' et du consortium international de recherche PAGES (Past Global Changes).

/ATS
 

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