Deux chercheurs de l'EPFZ finalistes du Prix de l'inventeur

Les chercheurs de l'Ecole polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ) Robert Grass et Wendelin ...
Deux chercheurs de l'EPFZ finalistes du Prix de l'inventeur

Deux chercheurs de l'EPFZ finalistes du Prix de l'inventeur

Photo: Keystone/HEINZ TROLL

Les chercheurs de l'Ecole polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ) Robert Grass et Wendelin Stark sont sélectionnés en finale du Prix de l'inventeur européen 2021. Les lauréats seront dévoilés lors d'une cérémonie le 17 juin prochain.

L'Autrichien Robert Grass et le Suisse Wendelin Stark sont nommés dans la catégorie 'recherche', indique mardi l'Office européen des brevets (OEB). Ils sont distingués pour leur invention d'un système de stockage 'révolutionnaire' imitant les capacités de stockage de l'ADN des fossiles. Codées sous forme d'ADN, les données sont encapsulées dans du verre, une fossilisation artificielle permettant de les préserver.

Cette invention ouvre la voie à un stockage de données sur le long terme, surmontant les limites des supports numériques actuels, qui se dégradent rapidement dans le temps, relève l'OEB. Outre le stockage des données, elle est également utilisée pour tracer l'origine des produits, tout au long des chaînes d’approvisionnement.

Toutes les vidéos de Youtube

En développant un moyen d'encapsuler les données dans l'ADN à l'intérieur de minuscules billes de silice - et de pouvoir les récupérer sans erreur - les deux chercheurs ont créé un format de stockage qui pourrait protéger des données pendant des millénaires. Dans une infime quantité d'ADN synthétique, il est possible de stocker 400'000 téraoctets de données, soit l'équivalent de toutes les vidéos actuellement disponibles sur Youtube, note l'OEB.

Ce mode de stockage avait déjà été établi par d'autres scientifiques, mais il restait à résoudre un obstacle majeur: les brins d'ADN non protégés se dégradent en effet rapidement après exposition à l'eau, à l'air ou à la chaleur. Les deux chercheurs ont trouvé une solution grâce aux fossiles, où l'ADN se conserve pendant des centaines de milliers d'années.

En 2012, leur équipe a recréé cet effet protecteur en enfermant de l'ADN synthétique dans des particules de silice dont le diamètre était jusqu'à 10'000 fois plus fin qu'une feuille de papier. Ces 'fossiles de silice' non poreux protègent l'ADN de la plupart des agents corrosifs et des dommages causés par la température.

L'ADN peut être facilement récupéré et lu en traitant les particules avec une solution de fluorure qui dissout le verre, mais qui n'endommage pas les informations. Grâce à cette méthode, les deux chercheurs ont pu récupérer des données sans aucune erreur après une semaine de stockage à 70°C. Cette période équivaut à une exposition de 2000 ans aux températures moyennes en Europe centrale.

Un album de Massive Attack réédité

L'EPFZ a déposé une demande de brevet européen pour cette invention, qui a été accordée en 2018. Robert Grass et Wendelin Stark ont commercialisé leur concept dès 2016 par le biais de la société dérivée de l'EPFZ, Haelixa AG.

Pour promouvoir leur technologie, les deux chercheurs avaient notamment réédité en 2018 au format ADN l'album 'Mezzanine' du groupe Massive Attack. Si le coût élevé de l'écriture de l'ADN synthétique limite largement son utilisation actuellement, Robert Grass et Wendelin Stark travaillent sur des solutions pour en réduire les coûts en simplifiant l'équipement de synthèse de l'ADN.

Robert Grass se dit notamment convaincu que de nouvelles technologies permettront d'accéder à des mégaoctets de données écrits sur de l’ADN pour quelques euros seulement dans les années à venir.

Lancé en 2006, le Prix de l'inventeur est l'une des compétitions européennes les prestigieuses de sa catégorie, écrit l'OEB. Le Bâlois Martin Schadt l'avait obtenu en 2013 dans la catégorie 'Oeuvre d'une vie' pour l'invention de l'affichage à cristaux liquides (LCD).

/ATS
 

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