Discussion autour des plus de 50 ans sur le marché du travail

La situation des travailleurs de plus de 50 ans sur le marché du travail: tel est le sujet ...
Discussion autour des plus de 50 ans sur le marché du travail

Discussion autour des plus de 50 ans sur le marché du travail

Photo: KEYSTONE/JEAN-CHRISTOPHE BOTT

Le nombre de travailleurs de plus de 50 ans a fortement augmenté depuis une dizaine d'années. Ils sont moins touchés par le chômage que les jeunes, mais s'ils perdent leur emploi, ils ont beaucoup plus de peine à en retrouver un.

Ce sont quelques-unes des conclusions de la quatrième conférence nationale 'Travailleurs âgés en Suisse', présentées jeudi. Elle s'est tenue à Berne avec des représentants des partenaires sociaux et des cantons et en présence du conseiller fédéral Johann Schneider-Ammann.

L'importance des travailleurs de plus de 55 ans sur le marché du travail n'a cessé d'augmenter ces dernières années. C'est même la catégorie d'âge qui a connu la plus forte progression au cours des dix dernières années, peut-on lire dans le document de base de la Conférence, rédigé par le Secrétariat d'Etat à l'économie (SECO).

Cette évolution s'explique d'une part par l'évolution démographique, mais aussi par une augmentation de la participation au marché du travail. Sur ce point, les femmes ont été responsables de 70% de la hausse constatée entre 2010 et 2017. Les travailleurs de plus de 55 ans ont en outre un niveau de qualification 'significativement plus élevé' que ceux d'il y a une décennie, note le SECO.

Chômage et fin de droits

Les travailleurs les plus âgés sont moins touchés par le chômage que les jeunes. En revanche, ils tardent à profiter de la récente reprise, qui a d'abord profité aux plus jeunes. Le taux de chômage de ces derniers s'est réduit plus rapidement que celui des plus de 55 ans, écrit le SECO.

De plus, s'ils se retrouvent au chômage, ils ont plus de difficulté à retrouver un emploi. En 2017, environ 7000 personnes âgées de 55 ans et plus sont arrivées en fin de droit de chômage. C'est moins que les quelque 9900 âgées entre 45 et 54 ans.

Aide sociale

La probabilité d'être à nouveau actif après avoir atteint la fin du droit aux indemnités chute avec l'âge, souligne le SECO. Entre 2010 et 2016, 45% des 55-59 ans et 35% des 60-64 ans étaient à nouveau actifs durant la première année après l'échéance de leur droit au chômage. Toutes classes d'âges confondues, ce taux se situait à 51%.

Lorsqu'elles n'ont plus le droit aux prestations de l'assurance chômage, certaines personnes n'ont d'autre choix que de se tourner vers l'aide sociale. En 2016, le taux des 56-64 ans à l'aide sociale se situait à 2,9%, soit en dessous de celui des 46-55 ans (3,4%).

Il a toutefois connu une augmentation supérieure à la moyenne ces dernières années, augmentant de 0,7 point de pourcentage entre 2011 et 2016, contre 0,4 point chez les 46-55 ans. Le SECO explique cette évolution par 'les conditions exigeantes' du marché du travail ces dernières années, affecté par la crise financière et le franc fort.

Boycott

Comme les années précédentes, cette quatrième conférence nationale a fait l'objet d'une séance préparatoire lundi dernier. Si une vingtaine de représentants de diverses organisations '50+' y ont pris part lundi, l'association 50etplus et son pendant alémanique Avenir 50plus ont boycotté la rencontre, la qualifiant de 'farce'.

Les deux associations ont regretté qu'un véritable échange ne puisse avoir lieu avec Johann Schneider-Ammann. Elles reprochent au conseiller fédéral de se cacher, cette année, derrière un podium d'experts dont les positions sont connues.

Les deux associations demandent aussi qu'à la place de recommandations, des mesures concrètes contre la discrimination des travailleurs les plus âgés soient mises en place. Et de citer l'exemple des rentes-ponts ou allocations-ponts des cantons de Genève et Vaud.

/ATS
 

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