EPFL: analyse de la protection anti-avalanche après un feu de forêt

Deux étudiants de l’EPFL ont comparé la protection contre les avalanches offerte par une forêt ...
EPFL: analyse de la protection anti-avalanche après un feu de forêt

Deux étudiants de l’EPFL ont comparé la protection contre les avalanches offerte par une forêt du canton de Vaud, avant et après un incendie survenu en 2018. Leur méthode pourrait s’appliquer à toutes les forêts de protection contre les avalanches de basse altitude.

En 2018, six hectares de forêt des Diablerets (VD) sont partis en fumée. Ce secteur, appelé Les Voëttes, joue un rôle protecteur contre les avalanches durant l’hiver, a indiqué mercredi l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) dans un communiqué

Pour comprendre les conséquences de la disparition des arbres sur les futures avalanches, Johan Gaume, directeur du Laboratoire de la simulation de la neige et des avalanches (SLAB) à l'EPFL et sa post-doctorante Xingyue Li ont proposé à deux étudiants de master en ingénierie de l’environnement d’analyser ce cas concret, ce qui leur a permis de travailler directement avec la Direction générale de l’environnement du canton.

Leur objectif: dresser une nouvelle carte des risques d’avalanches et aider les autorités cantonales à replanter les arbres de manière optimale. Pour ceci, les étudiants se sont servis d’un modèle numérique développé par le SLAB.

Résultats moins alarmants

Résultat: les futures avalanches dévaleront plus rapidement la pente des Voëttes, mais s’arrêteront avant les habitations situées en contrebas, car la pente y est relativement faible. Seule une cabane, protégée jusqu’ici, est désormais en zone à risque.

Les étudiants recommandent aux responsables cantonaux d’identifier des microsites favorables à la création de groupes d’arbres qui vont donner une stabilité, puis, de replanter le reste des arbres de manière irrégulière, afin d’améliorer la fonction protectrice de la forêt.

'Maintenir une certaine fréquence de petites avalanches sans danger est aussi important pour favoriser la biodiversité de ce type d’écosystèmes, qui sont naturellement adaptés à ces évènements', précise Francesc Molné, étudiant de master qui a mené ce Design Project avec Clara Streule.

'Nos résultats correspondaient à nos attentes, mais sont moins alarmants que les prévisions faites par le canton de Vaud', détaille Clara Streule. Le modèle numérique de l’EPFL a l’avantage d’intégrer très précisément la disposition spatiale des arbres dans la simulation de l’avalanche, contrairement à celui utilisé par le canton, le RAMMS, développé à l’Institut fédéral de recherche SLF.

Plusieurs paramètres

Les futurs ingénieurs ont intégré plusieurs paramètres au modèle, à l’instar justement de la disposition des arbres présents et des arbres disparus, de l’exposition du terrain et de sa topographie et de la qualité de la neige présente.

Ils ont également effectué leurs propres relevés topographiques par drone et photogrammétrie et ont consulté à l’échelle régionale les chutes de neige de ces 100 dernières années pour baser leur modélisation sur la plus importante d’entre elles.

La méthode appliquée par les étudiants pourra être répliquée sur toutes les forêts de protection du continent. 'Cette étude pilote a permis de tester notre modèle numérique sur un cas concret et nous donne envie d’aller plus loin', conclut Johan Gaume.

'Ce travail nous offre un angle nouveau pour analyser l’effet protecteur des forêts contre les avalanches à basse altitude et permet d’enrichir nos réflexions pour l’entretien de ces massifs forestiers. La collaboration avec l’EPFL va donc se poursuivre sur d’autres sites', indique pour sa part Jean-Louis Gay, de la Division inspection cantonale des forêts du canton de Vaud.

En Suisse, les prévisions indiquent une hausse du nombre de feux de forêt de mai à novembre d’ici à la fin du XXIe siècle. Les experts prévoient en particulier une forte augmentation des incendies dans la vallée de l’Aar et les zones de basse altitude du canton de Berne, une hausse modérée au Tessin et en Engadine et un accroissement des surfaces brûlées durant l’été en Valais.

/ATS
 

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