Elèves préjudiciés avant les examens

Après dix fausses alertes à la bombe, le Département vaudois de l'instruction publique dit ...
Elèves préjudiciés avant les examens

Elèves préjudiciés avant les examens

Photo: KEYSTONE/JEAN-CHRISTOPHE BOTT

Après dix fausses alertes à la bombe, le Département vaudois de l'instruction publique dit son agacement et son inquiétude. Il rappelle que les élèves sont les premières victimes. Une réunion avec tous les directeurs du post-obligatoire est prévue jeudi.

'Aujourd'hui l'agacement et l'inquiétude dominent. J'aimerais dire mon soutien d'abord aux élèves qui sont les premières victimes, c'est eux qui subissent le préjudice dans une période déjà compliquée par le COVID et on arrive en phase d'examen...C'est grave, irresponsable et inadmissible', a déclaré la cheffe du Département de la formation, de la jeunesse et de la culture (DFJC) Cesla Amarelle.

Rattrapage en dehors des cours

A l'Ecole commerciale et professionnelle de Lausanne (EPCL) qui a vécu cinq fois déjà ces événements, des discussions ont lieu depuis lundi dans chaque classe avec l'ensemble des élèves qui ont tous reçu un courrier. Des appuis et des rattrapages pour les cours manqués sont mis sur pied en dehors des heures de cours, en essayant de ne pas 'surcharger” les élèves qui doivent les suivre.

Les efforts se concentrent sur les élèves en année d'examen, ceux qui ont manqué des cours les vendredis et qui ont été les plus impactés, relève le DFJC.

Pour les autres lieux de formation touchés, le canton travaille en étroite collaboration avec la police. Une plainte pénale est déposée à chaque fausse alerte. Du soutien est apporté aux personnes (élèves, collaboratrices ou collaborateurs) qui en font la demande

Jusqu'à 50'000 francs et plus

Les conséquences de ces fausses alertes sont très graves, a rappelé pour sa part Jean-Christophe Sauterel, chef communication et prévention à la police cantonale. Inscrites au casier judiciaire, les condamnations pénales ont des retombées à long terme sur l'avenir professionnel d'un jeune.

Sans compter les coûts qui seront facturés aux auteurs ou à leurs parents en ce qui concerne les mineurs: entre 10'000 et 15'000 francs par intervention. Celles-ci mobilisent à chaque fois entre 25 et 30 policiers par intervention.

Et le DFJC de préciser que des poursuites au civil pourront être engagées en plus. Les coûts du rattrapage d'une journée de cours d'une école professionnelle avec 700 élèves sont estimés à plusieurs dizaines de milliers de francs, de 20'000, 30'000 ou même jusqu'à 50'000 francs.

Pas un jeu

Si ces évacuations pour beurre continuent, le jour où il va réellement se passer quelque chose, les réactions risquent de ne pas être les bonnes, avertit M. Sauterel. Il a cité en exemple l'évacuation de 260 élèves d'un collège à Vevey en raison d'un gros incendie.

'Cela a l'air d'un jeu, mais pour la police, ça n'est pas un. Elle considère l'alerte comme réelle jusqu'à preuve du contraire', a-t-il souligné. Depuis le 27 janvier, une dizaine d'alertes à la bombe, toutes fausses jusqu'ici, ont perturbé des écoles, essentiellement des établissements du post-obligatoire lausannois. Rien que mercredi, la police a dû intervenir dans deux d'entre eux.

/ATS