Empa: le masque en coton lavable vingt fois a le meilleur écobilan

Des chercheurs de l'Empa ont effectué une première analyse écologique des masques de protection ...
Empa: le masque en coton lavable vingt fois a le meilleur écobilan

Empa: le masque en coton lavable vingt fois a le meilleur écobilan

Photo: KEYSTONE/GAETAN BALLY

Des chercheurs de l'Empa ont effectué une première analyse écologique des masques de protection anti-coronavirus. Résultat: le masque en coton lavable vingt fois arrive en tête.

Pour ce premier bilan environnemental, les chercheurs du Laboratoire fédéral d'essai des matériaux et de recherche (Empa) ont comparé des masques chirurgicaux jetables avec des masques en tissu en coton.

'Il s'agit d'une première analyse du cycle de vie simple qui nous a permis d'identifier les facteurs écologiques pertinents', explique Claudia Som, chercheuse à l'Empa, citée mercredi dans un communiqué du laboratoire: 'Notre objectif était de créer une base pour optimiser la durabilité dès le stade de la conception du masque'.

Le bilan des gaz à effet de serre, la consommation d'énergie, la consommation d'eau et l'impact environnemental global de la production, de l'utilisation et de l'élimination des masques ont été calculés. Les effets ont été pris en compte pour une personne qui utilise les transports publics pour se rendre au travail tous les jours pendant une semaine et qui fait trois achats.

Selon les recommandations de la Task Force scientifique Covid-19, cette personne utilise soit deux masques en tissu par semaine, qui sont lavés à 60°C après usage et jetés après cinq lavages, soit 13 masques chirurgicaux jetables en polypropylène.

Les calculs montrent que les masques en tissu de coton sont plus performants que les masques chirurgicaux en termes de consommation d'énergie et de bilan de gaz à effet de serre. En revanche, le masque chirurgical est plus performant que son homologue en coton, en termes de consommation d'eau et d'impact environnemental global.

L'impact du coton

'La raison en est la production non durable et à forte intensité de ressources du coton', explique Roland Hischier, chercheur à l'Empa. Les données utilisées sont basées sur une production mondiale moyenne supposée, dont la consommation d'eau est élevée en raison de l'irrigation, de la fertilisation et de l'utilisation de pesticides pour la production de coton.

Le lavage des masques en tissu, en revanche, n'a que peu d'importance par rapport à la production. 'Cela signifie que l'effet de levier le plus fort se situe dans la durée de vie des masques en tissu, puisque la plus grande partie de l'impact environnemental est causée par la production de ces masques'.

Dans un deuxième temps, les chercheurs ont analysé les effets de différentes options dans la conception des masques qui pourraient réduire l'impact environnemental. Il a été constaté que la durée de vie des masques en tissu a la plus grande influence.

Si le nombre de lavages est de l'ordre de 20 ou plus, les masques en tissu de coton sont non seulement en tête en termes de consommation d'énergie et de bilan de gaz à effet de serre, mais aussi en termes d'impact environnemental global. 'Il y a des fabricants qui autorisent déjà 20 cycles de lavage ou plus par masque', explique Melanie Schmutz, auteure principale de l'étude.

Masques compostables

Les chercheurs entendent maintenant inclure des facteurs supplémentaires dans l'analyse du cycle de vie, comme d'autres matériaux pour les masques en tissu, des revêtements antiviraux et/ou antibactériens qui augmentent également le temps de port entre les lavages. Cela peut encore améliorer leur durabilité environnementale.

'Un autre sujet fréquemment discuté est aussi la pollution de l'environnement causée par des masques mal éliminés', note Claudia Som. L'objectif est maintenant de savoir si ces entrées dans l'environnement sont réellement pertinentes et si les masques biocompostables contribuent à réduire la pollution.

/ATS
 

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