Face au coronavirus, la grève féministe se démultiplie dans le canton de Vaud

Coronavirus oblige, la Grève féministe dans le canton de Vaud s'est démultipliée dimanche. ...
Face au coronavirus, la grève féministe se démultiplie dans le canton de Vaud

Face au coronavirus, la grève féministe se démultiplie dans le canton de Vaud

Photo: Keystone/JEAN-CHRISTOPHE BOTT

Coronavirus oblige, la Grève féministe dans le canton de Vaud s'est démultipliée dimanche. Des rassemblements dispersés ont eu lieu à Lausanne, Renens, Morges, Yverdon, Vevey et Nyon. Une flashmob à la gare lausannoise a néanmoins réuni environ 900 personnes.

Afin de marquer la Journée internationale de lutte pour les droits des femmes, le Collectif vaudois de la grève féministe a contourné l'interdiction d'organiser des manifestations réunissant plus de 1000 personnes édictée par la Confédération. Pour ce faire, il avait décidé d'organiser plusieurs mobilisations décentralisées.

A Lausanne même, la grande manifestation prévue à la gare à la mi-journée a été remplacée par des mini-manifestations dans quatre lieux dès 14h00. Quatre thèmes avaient été choisis, un par site: les retraites et les rentes, l'écoféminisme, les étudiantes et le travail précaire ainsi que le travail du care (non) rémunéré.

Réunions clairsemées

Dès midi, les gens se sont d'ailleurs principalement rassemblés à la place de la Riponne avant de se disperser sur les quatre autres lieux de rendez-vous. Vers 13h30, environ 500 personnes étaient réunies devant les escaliers du Palais Rumine. Sur les autres places, entre 50 et 200 personnes au maximum ont participé aux réunions.

C'est finalement la flashmob organisée à 15h24 en face de la gare sur la rue du Petit Chêne qui a été la plus dense et compacte. Elle a réuni environ 900 personnes, selon la police, interrogée par Keystone-ATS.

Cette flashmob colorée s'est calqué sur le modèle du slam chilien 'Un violador en tu camino' ('Un violeur sur ton chemin'), devenu un hymne viral contre la violence faite aux femmes après les grandes manifestations de novembre à Santiago de Chili. Et 15h24, c'est l'heure symbolique à laquelle les femmes arrêtent d'être payées en comparaison des hommes.

Patriarcat vs coronavirus

Outre les traditionnels slogans féministes et revendicateurs, on pouvait aussi apercevoir des clins d'oeil au Covid-19 sur les banderoles: 'Le patriarcat tue plus que le corona' ou 'le patriavirus s'attrape, tue et blesse plus que le coronavirus'.

La performance a été diffusée sur la page Facebook de la Grève féministe, à l'instar de toutes les actions périphériques. Cette journée vaudoise de mobilisation s'est conclue en fin d'après-midi sur la place de la Riponne, avec différents messages des mouvements féministes internationaux et des chants. La police n'a fait état d'aucun problème ni déprédation.

Le Collectif vaudois de la grève féministe avait lancé samedi vers 23h30 un prologue à la journée de dimanche. Quelque 300 personnes s'étaient réunies sur la place de la Riponne, chantant des hymnes féministes et portant foulards violets et lumières. Une flashmob a ensuite eu lieu sur les escaliers du Palais Rumine, là aussi sur modèle du slam chilien.

A l'heure du bilan pour tout le canton, on est donc clairement loin des 5000 personnes souhaitées par les organisatrices avant l'annonce des mesures d'interdiction fédérales. 'On a tout fait pour éviter les 1000 personnes (...) et au vu des circonstances, on est très satisfaites de voir que la mobilisation trouve toujours un écho au sein de la population', a confié à Keystone-ATS une des responsables du Collectif, Tamara Knezevic.

/ATS
 

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