Genève: 200 personnes dénoncent les renvois forcés

A Genève, 200 personnes se sont réunies mercredi à midi devant le siège du Conseil d'Etat pour ...
Genève: 200 personnes dénoncent les renvois forcés

Genève: 200 personnes dénoncent les renvois forcés

Photo: KEYSTONE/SALVATORE DI NOLFI

A Genève, 200 personnes se sont réunies mercredi à midi devant le siège du Conseil d'Etat pour dénoncer les renvois forcés, un mois après l'expulsion d'un Ethiopien par vol spécial. Elles ont notamment demandé au canton de se positionner face à Berne.

'L'exécution des renvois relève des cantons. Des suspensions ont déjà eu lieu à Genève', a relevé au micro Julie Franck, une amie de Tahir Tilmo. En Suisse depuis 2015 et débouté de l'asile depuis plus de deux ans, cet Ethiopien était 'un exemple d'intégration réussie', apprenant vite le français et se faisant des amis autochtones, a expliqué Anne-Cécile Dominé-Aubert, une autre amie.

'Il ne souhaitait qu'une chose, que ce pays qu'il aimait lui donne une chance. Depuis quand renvoie-t-on dans un pays en guerre?' a-t-elle poursuivi. Les quatre conseillers d'Etat contactés, dont le ministre de la Sécurité Mauro Poggia, ont pris la décision de le renvoyer le 27 janvier, malgré les nombreux appels et son mauvais état de santé en raison de sa grève de la faim.

Complicité des HUG

Au nom de Solidarité Tattes, Juliette Fioretta a dénoncé 'les mensonges et la lâcheté du Conseil d'Etat' qui disent que l'asile relève de la Confédération. 'L'asile est une question secondaire pour vous, car elle ne va pas vous rapporter des voix aux prochaines élections', a-t-elle déclaré. Et de dénoncer la complicité des Hôpitaux universitaires de Genève avec la police dans ce renvoi.

'Le Conseil d'Etat n'a pas à remettre en cause une décision fédérale si la procédure a été suivie et les décisions ont été rendues dans les règles', a réagi dans l'après-midi Mauro Poggia. Selon le magistrat, rien ne s'opposait à ce renvoi: 'Visiblement, le retour au pays s'est fait sans problème.' Interrogé par Keystone-ATS, Tahir Tilmo a indiqué qu'il se cache loin de sa famille par peur d'être arrêté.

/ATS