Genève: la culpabilité d'Erwin Sperisen est confirmée en appel

L'ex-chef de la police nationale civile du Guatemala Erwin Sperisen, 44 ans, a été à nouveau ...
Genève: la culpabilité d'Erwin Sperisen est confirmée en appel

Genève: la culpabilité d'Erwin Sperisen est confirmée en appel

Photo: Keystone

L'ex-chef de la police nationale civile du Guatemala Erwin Sperisen, 44 ans, a été à nouveau condamné mardi à la prison à vie. Le double national suisse et guatémaltèque a été reconnu coupable d'avoir pris part à l'exécution extrajudiciaire de dix détenus au total.

'Nous allons saisir le Tribunal fédéral et nous irons jusqu'à la Cour européenne des droits de l'homme s'il le faut', a commenté à l'issue de l'audience Florian Baier, qui défend Erwin Sperisen, avec son confrère Giorgio Campa. L'avocat a dénoncé le fait que son client n'ait pas eu un 'procès équitable'.

Signal clair

Le Ministère public genevois a obtenu de son côté ce qu'il voulait dans cette procédure en appel. Son représentant, le procureur Yves Bertossa, a déclaré que la justice avait envoyé un signal clair. 'Genève n'est pas un refuge pour les Suisses qui commettent des assassinats à l'étranger'.

La Chambre pénale d'appel et de révision de Genève s'est écartée du jugement rendu en première instance sur deux points au total. Elle a considéré qu'Erwin Sperisen n'avait pas abattu de ses propres mains un des détenus. Elle a indiqué ne pas pouvoir s'appuyer sur le témoignage d'un prisonnier français qui a affirmé avoir vu la scène.

En revanche, les juges de la cour d'appel ont estimé que l'ancien chef de la police guatémaltèque avait bien une responsabilité dans l'assassinat de trois prisonniers qui s'étaient échappés, en 2005, du pénitencier 'El Infernito'. Erwin Sperisen avait pourtant été acquitté de ces charges par le Tribunal criminel.

Détenus exécutés

Concernant l'opération de reprise en main par les autorités guatémaltèques de la prison de Pavon, en 2006, au cours de laquelle sept détenus avaient été tués, la Chambre pénale d'appel et de révision de Genève a suivi dans les grandes lignes le jugement rendu en première instance, affirmant que les prisonniers avaient bel et bien été exécutés, alors qu'ils étaient sans défense.

La cour a estimé qu'en tant que chef de la police, Erwin Sperisen ne pouvait ignorer la présence lors de l'opération d'un groupe qui avait pour mission d'éliminer les détenus les plus influents de la prison.

Les juges ont considéré avoir en main assez de preuves pour affirmer qu'Erwin Sperisen a rencontré les hommes de ce groupe avant le lancement de l'opération de Pavon, sur le parking d'une station-service. Il restait le chef sur place et savait qu'une liste de détenus à abattre avait été constituée, a estimé le tribunal.

Réfugié en Suisse depuis 2007

Erwin Sperisen était détenu jusqu'à aujourd'hui à la prison de Champ-Dollon. L'ancien patron de la police guatémaltèque était venu se réfugier en Suisse, en 2007. Il était tombé en disgrâce auprès du pouvoir en place après l'assassinat au Guatemala de trois députés salvadoriens par des policiers corrompus.

Arrivé en Suisse avec sa famille, le double national a vécu pendant 5 ans à Genève sans être inquiété, avant d'être arrêté en août 2012.

/ATS


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