Genève n'exploite plus son système de vote électronique

Le système de vote électronique genevois ne sera plus proposé lors de scrutins. Prévu pour ...
Genève n'exploite plus son système de vote électronique

Fin du système d'e-voting genevois: d'autres cantons touchés

Photo: KEYSTONE/GIAN EHRENZELLER

Genève interrompt dès à présent l'exploitation de son système de vote électronique qu'il avait prévu d'abandonner en février 2020. Cette décision a des conséquences pour trois autres cantons qui devront se passer de CHVote pour les élections fédérales d'octobre.

Le Conseil d'Etat genevois a appris début mai que la Chancellerie fédérale voulait procéder à un audit des systèmes de vote électronique, a-t-il expliqué mercredi. Initialement prévue pour fin juin, la décision du Conseil fédéral d'autoriser ou de refuser le recours à ce canal de vote lors des élections de l'automne ne tombera qu'à la mi-août.

En cas de refus, le délai sera trop court pour revoir le système d'information gérant les élections, relève le gouvernement genevois. En outre, il ne serait plus possible de modifier la notice explicative et le matériel de vote. Le Conseil d'Etat a donc décidé de cesser, dès mercredi, l'exploitation de son système de vote électronique.

Le Conseil d'Etat genevois précise avoir pris cette décision en concertation avec les cantons d'Argovie, Berne et Lucerne qui utilisent CHVote. Par conséquent, les Suisses de l'étranger ayant droit de vote dans ces quatre cantons ne pourront pas, eux non plus, exprimer leur opinion par cette voie aux élections fédérales et lors de scrutins ultérieurs.

Gros investissements

Le canton de Genève a justifié cet arrêt par l'effort financier important qu'il aurait dû consentir pour terminer les travaux en cours afin de répondre aux exigences de la Confédération en matière de sécurité. Il a tenté, en vain, de convaincre d'autres cantons de participer au financement du développement de son système, lancé en 2003.

Dans l'hypothèse d'un amortissement sur huit ans des dépenses du projet de version 2.0 révisée, le coût annuel d'investissement et de fonctionnement aurait été de 3,64 millions de francs pour le canton, a fait savoir à Keystone-ATS le Département des infrastructures. Au moins 8,5 millions, sans compter les charges de fonctionnement annuelles d'environ 1,5 million, ont déjà été investis.

Unique alternative

Unique concurrent, La Poste a mandaté une société privée espagnole pour développer son système. Mais ce dernier n'a pas servi lors des dernières votations fédérales du 19 mai en raison d'un test public d’intrusion effectué sur fond de soupçons de failles aux attaques de pirates informatiques. La Chancellerie fédérale doit statuer sur la suite des opérations en fonction des conclusions de l'audit.

Les cantons de Fribourg, Neuchâtel, Balle-ville et Thurgovie utilisent le système de La Poste lors d'élections. Ils peuvent solliciter une autorisation pour les Fédérales d'octobre. Pour le moment, la Chancellerie fédérale n'a reçu aucune demande de leur part, a indiqué mercredi René Lenzin, porte-parole.

Audit de sécurité

Le canton de Berne, qui a utilisé le système genevois sans problème lors de 25 scrutins, examine, quant à lui, la possibilité de recourir au système du géant jaune. A St-Gall, qui avait d'abord opté pour la plate-forme genevoise, les autorités cantonales étudient une offre de La Poste pour une introduction progressive dès mai 2020. Elles attendent toutefois l'audit de la Chancellerie fédérale sur la sécurité.

La Poste, qui a suspendu l'e-voting depuis le test d'intrusion, a bon espoir de pouvoir proposer son système aux cantons pour cet automne, a-t-elle indiqué à Keystone-ATS. Les autorisations de la Chancellerie pour les élections fédérales seront distribuées en août, selon M. Lenzin.

/ATS
 

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