Genève tient son budget 2017 après deux jours de débat

Le Grand Conseil genevois a accepté vendredi à une courte majorité le budget d'Etat 2017 qui ...
Genève tient son budget 2017 après deux jours de débat

Genève tient son budget 2017 après deux jours de débat

Photo: Keystone

Le Grand Conseil genevois a accepté vendredi à une courte majorité le budget d'Etat 2017 qui affiche un déficit de 79,5 millions de francs. Ce vote permet au canton de sortir du régime des douzièmes provisoires.

Une majorité composée du PDC, du PS, des Verts, du MCG et de deux membres d'Ensemble à Gauche a tenu contre l'opposition PLR, UDC et Ensemble à Gauche au terme de deux jours de débat. Ce budget déficitaire, qui nécessitait une majorité de 51 députés, a finalement été accepté par 56 voix contre 40.

Après une année 2016 sans budget, faute de vote d'entrée en matière en décembre 2015, un compromis s'est cette fois dégagé autour du projet présenté par le gouvernement à majorité de droite. Ce budget prévoit des charges de 8,13 milliards de francs (+2,9%) pour des revenus de 8,05 milliards (+1,9%). Les investissements se montent à 795 millions.

Ce budget prévoit aussi la création de 356 postes supplémentaires, dont la grande majorité pour l'instruction publique qui devra gérer 2000 élèves supplémentaires en 2017. Le budget garantit aussi le versement des annuités aux fonctionnaires. Le Cartel intersyndical de la fonction publique a de son côté dénoncé un budget d'austérité.

L'image de Genève

'Le Conseil d'Etat ne se réjouit pas de présenter un budget déficitaire', a déclaré le conseiller d'Etat en charge des finances Serge Dal Busco. 'Mais il est nécessaire de proposer un budget qui puisse trouver une majorité, car il n'est pas possible de continuer une deuxième année sans voter un budget', a-t-il poursuivi.

Il en va de l'image du canton, selon le grand argentier. Et il a surtout en ligne de mire la réforme de l'imposition des entreprises (RIE III) qui nécessite un climat politique apaisé. Son message a été entendu par le PS, les Verts, le MCG et le PDC, des partis qui ont appelé à la responsabilité gouvernementale. La gauche a toutefois souligné son manque d'enthousiasme pour ce budget de compromis.

L'appel au ralliement n'a toutefois pas trouvé écho auprès du PLR, de l'UDC et d'Ensemble à Gauche. Les deux partis de droite ont dénoncé un Etat trop gourmand et une dette de 12,2 milliards beaucoup trop lourde.

Ils ont accusé l'exécutif d'avoir abandonné toute réforme structurelle. Un reproche écarté par Serge Dal Busco qui a rappelé que les mesures prises depuis deux ans avaient permis d'économiser 360 millions de francs. Tous leurs amendements ont été rejetés.

Plus gros déficit

A l'inverse, Ensemble à Gauche s'est opposé à 'un budget d'austérité' qui ne cherche pas de recettes supplémentaires. La formation a mis en garde contre un durcissement de l'offensive de droite qui va vers une baisse des prestations avec en toile de fond 'une baisse d'impôts accordée aux privilégiés'. Les demandes de modification d'Ensemble à Gauche ont toutes été refusées.

Chaque politique publique a été passée au crible pendant ces quinze heures de débats. Elles ont finalement toutes été acceptées. Le déficit initial de 76,6 millions est passé à 79,5 millions avec le vote de trois amendements accordés pour des moyens supplémentaires aux transports publics (+1 million), à l'Hospice général (+1 million) et aux immeubles avec encadrement pour personnes âgées (+950'000 francs).

/ATS


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