Glissement à droite à quelques semaines des élections

Le troisième baromètre en vue des élections fédérales indique un renforcement de la droite ...
Glissement à droite à quelques semaines des élections

Glissement à droite à quelques semaines des élections

Photo: Keystone

Le troisième baromètre en vue des élections fédérales indique un renforcement de la droite. Si la population avait voté fin août pour renouveler le Conseil national, l'UDC aurait recueilli 28% des suffrages, le PLR 16,9%. Ces partis profitent des ex-abstentionnistes.

Contrairement aux résultats des deux premiers baromètres de l'année, l'UDC peut cette fois-ci afficher le sourire: il recueillait 26,1% des suffrages en juin, soit 1,9% de moins que dans le baromètre gfs.bern publié mercredi. L'institut a réalisé le baromètre électoral pour le compte de la SSR SRG. Gfs.bern a interrogé en août près de 2000 personnes de toute la Suisse.

De son côté, le PS enregistre des résultats stables: que l'élection ait eu lieu en juin ou en août, les socialistes obtiennent toujours 19,3% des voix. Le PLR connaît un léger recul, passant de 17,1% à 16,9%. PDC (de 11,5% à 11,1%), PBD (de 4,8% à 4,2%), et Vert'libéraux (4,4% à 4,3%) perdent également du terrain.

Ainsi, le nouveau centre, dont on a beaucoup parlé en 2011, a beaucoup perdu de son attrait, selon l'institut. Gfs.bern relève que le PBD recule pour deux raisons. Le parti n'a pas concrétisé les espoirs placés en lui, tandis que le PLR est une concurrence lors des réélections.

Un constat quasi identique vaut pour les Verts'libéraux, qui ont vécu une défaite historique avec leur première initiative. Quant aux Verts, ils doivent toujours composer avec la concurrence des socialistes.

Glissement à droite

Un glissement à droite apparaît donc à la lecture de ce nouveau baromètre, même si le PS pourrait augmenter son nombre d'électeurs d'ici le 18 octobre.

Les trois plus grands partis profitent du soutien d'anciens abstentionnistes. Le PLR attire également des électeurs déçus des Vert'libéraux. A gauche, le PS fait de même au détriment des Verts. Les socialistes séduisent également des électeurs de Vert'libéraux. Enfin, l'UDC attire un électorat conservateur, qui votait jusqu'alors PDC.

L'institut gfs.bern ne peut qu'émettre des suppositions expliquant le gain de 1,9% de l'UDC. L'opposition de son président Toni Brunner à l'ouverture de nouveaux centres pour requérants d'asile a sans aucun doute joué un rôle.

PLR leader sur l'UE

La moitié des sondés ont estimé que la migration, les étrangers, l'intégration, l'asile et les réfugiés constituent les problèmes les plus urgents que le monde politique suisse doit résoudre. En dans ce domaine, 29% des personnes interrogées considèrent l'UDC comme le parti le plus compétent.

Les chercheurs remarquent toutefois que sur ces sujets l'UDC perd sa place de leader au fil du temps. De plus en plus de sondés souhaitent que ces problématiques soient réglées par le biais d'une solution trouvée par plusieurs partis.

Les relations avec l'Union européenne (UE) et la question des bilatérales forment le deuxième problème le plus urgent à résoudre. Cette fois-ci, c'est le PLR qui aurait avant tout la compétence pour trouver des solutions. Le PS apparaît comme un interlocuteur valable sur les questions de sécurité sociale et de lutte contre le chômage. Quant aux Verts, ils seraient à même de régler les questions environnementales, même si celles-ci ont perdu en importance.

Des perdants et des gagnants

Ce baromètre ne doit pas être pris pour un pronostic du 18 octobre, rappelle gfs.bern. Ces données peuvent par contre être utilisées pour savoir quels partis enregistreront des gains ou des pertes par rapport aux élections fédérales de 2011.

Ainsi, le PLR aurait 94% de chances d'améliorer ses résultats, contre 85% à l'UDC. A l'inverse, le PBD et les Vert'libéraux ont 96% de chances de perdre des plumes. Les Verts et le PDC risquent également d'enregistrer un recul (90%).

Par rapport à 2011, les partis bourgeois gagneraient 3%, le centre constitué du PDC, du PBD, des Vert'libéraux et du PEV reculeraient de 4% tandis que la gauche garderait sa force électorale.

/ATS


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