Il y a une année, le Conseil fédéral décrétait l'état d'urgence

Ecoles, commerces non essentiels et restaurants fermés, manifestations interdites, contrôles ...
Il y a une année, le Conseil fédéral décrétait l'état d'urgence

Ecoles, commerces non essentiels et restaurants fermés, manifestations interdites, contrôles aux frontières, télétravail, recommandation de rester à la maison: il y a une année, le Conseil fédéral décrétait l'état d'urgence et le semi-confinement commençait.

Le vendredi 13 mars 2020, la Suisse comptait 1125 cas de coronavirus et onze décès, jour de la décision de fermer les écoles à partir du lundi suivant. Le pays avait enregistré son premier cas le 25 février et son premier décès le 5 mars. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) avait déclaré la pandémie de coronavirus le 11 mars.

Le lundi 16 mars, le gouvernement plaçait le pays en état de 'situation extraordinaire' au sens de la loi sur les épidémies, alors que le bilan avait grimpé à plus de 2300 personnes infectées et une vingtaine de décès en un week-end. Il prenait les commandes, sans passer par le Parlement.

'Une réaction forte s'impose dans tout le pays', déclarait alors Simonetta Sommaruga, présidente de la Confédération à ce moment, en conférence de presse. C'est le seul moyen de parvenir à surmonter cette crise et à ne pas engorger les hôpitaux, expliquait-elle. Jusqu'à 110'000 personnes étaient connectées sur la chaîne Youtube du Conseil fédéral ce jour-là.

Vie sociale impactée

La vie sociale a considérablement été impactée. Les rassemblements privés et publics ont été interdits. Tous les commerces non essentiels, les restaurants et les bars ont dû fermer.

Les établissements de loisirs et de culture ont été contraints de faire de même, c'est-à-dire les musées, les bibliothèques, les cinémas, les salles de concert et de théâtre, les centres sportifs, les piscines et les domaines skiables. Les salons de coiffure ont également dû fermer leurs portes.

L'armée a aussi été sollicitée. Le Conseil fédéral a mis jusqu’à 8000 militaires au service du système de santé, de la logistique et de la sécurité jusqu'à fin juin. Du jamais vu depuis la 2e Guerre mondiale, indiquait alors la cheffe de l'armée Viola Amherd.

Les contrôles ont été rétablis aux frontières avec l'Italie, l'Allemagne, la France et l'Autriche. Seuls les ressortissants suisses, les frontaliers et tous ceux qui disposaient d'un permis de travail valable ont pu continuer à entrer en Suisse. Le transit de marchandises est resté possible.

Au niveau économique, le Conseil fédéral avait initialement prévu une enveloppe de 10 milliards de francs, portée à 40 milliards en avril: fait rare, la décision avait été saluée unanimement par les partis, les syndicats et les milieux économiques. A noter encore que le Parlement a suspendu sa session de printemps et que la votation fédérale du 17 mai a été annulée.

Réouverture

Le semi-confinement a duré jusqu'au 26 avril. Depuis le 11 mai, les enfants ont repris le chemin de l'école. Les étudiants des niveaux post-obligatoires vivent depuis un an des hauts et des bas, alternant entre cours en présentiel et à distance.

Les magasins non essentiels, les restaurants, les lieux culturels, les bibliothèques et les centres sportifs ont rouvert progressivement depuis le 11 mai. Le nombre de personnes autorisées à se réunir a aussi été assoupli.

La Suisse a rouvert ses frontières avec les Etats-membres de l'Union européenne et le Royaume-Uni à partir de la mi-juin. Quelques semaines plus tard, la population suisse a dû s'habituer à un nouvel accessoire: le masque, devenu obligatoire dans les transports publics - puis dans tous les espaces publics clos dès l'automne.

Deuxième vague

Le nombre d'infections quotidiennes est reparti à la hausse en octobre, ce qui a entraîné à nouveau la fermeture des boîtes de nuit, de nouvelles restrictions concernant les restaurants, les manifestations ainsi que les lieux culturels et de loisirs et une limitation du nombre de personnes autorisées à se réunir. Les tests rapides ont été introduits en novembre.

Alors que les cantons les moins touchés, surtout les cantons romands qui avaient serré la vis en novembre déjà, bénéficiaient d'un régime d'exception, tous les restaurants ont refermé peu avant Noël. A la même période, Swissmedic a autorisé le premier vaccin, celui de Pfizer/BioNTech, alors que les premiers variants du coronavirus sont apparus. En Suisse, la première personne a été vaccinée le 23 décembre.

Crainte d'une 3e vague

Un an plus tard, alors que le gouvernement a débloqué des milliards de francs supplémentaires, le coronavirus est toujours au centre des débats. La loi Covid-19 refait parler d'elle au Parlement et la lassitude se fait sentir au sein de la population. Tandis que les campagnes de tests et de vaccination suivent leur cours, le Conseil fédéral a une nouvelle stratégie de réouverture, même s'il craint une troisième vague.

Depuis fin février 2020, le gouvernement a tenu 45 conférences de presse et il y a eu 57 points de presse des experts, selon des informations de la Chancellerie fédérale transmises à Keystone-ATS. Selon les chiffres de l'Office fédéral de la santé publique (OFSP) de vendredi, la Suisse recense depuis le début de la pandémie 570'645 infections confirmées en laboratoire, 9413 décès et 24'035 hospitalisations.

/ATS
 

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