Jeter son mégot au sol pourrait coûter plus cher que fumer un joint

Laisser traîner les restes d'un pique-nique dans un parc ou jeter sa cigarette par terre pourraient ...
Jeter son mégot au sol pourrait coûter plus cher que fumer un joint

Jeter son mégot au sol pourrait coûter plus cher que fumer un joint

Photo: Keystone

Laisser traîner les restes d'un pique-nique dans un parc ou jeter sa cigarette par terre pourraient coûter à l'avenir jusqu'à 300 francs. La mesure, jugée difficile à appliquer, est soutenue du bout des lèvres.

Attraper quelqu'un en flagrant délit de littering sera difficile. Si cette mesure répressive est saluée par la plupart des participants à la consultation, qui s'est terminée lundi, coller des amendes ne saurait venir à bout des déchets sauvages, estime la plupart d'entre eux.

Le PDC et les Verts y sont favorables. Les chrétiens-démocrates défendent une amende d'ordre de 300 francs maximum. Mais il lui semble peu concevable d'envoyer des policiers suivre des randonneurs à l'heure du pique-nique.

Changement d'habitudes

Le PDC relève que le littering provient de changement d'habitudes comme des repas mangés sur le pouce dans la rue ou le boom des journaux gratuits. D'autres mesures, préventives, sont donc nécessaires, estime ce parti.

Les Verts mettent l'accent sur le travail à mener en amont comme la mise à disposition de consignes pour les canettes et le PET. L'organisation de défense des consommateurs alémaniques, la SKS, est sur la même ligne.

L'initiative parlementaire lancée par Jacques Bourgeois (PLR/) et directeur de l'Union suisse des paysans (USP), est la première à passer la rampe au niveau national. La hausse des incivilités y est sans doute pour quelque chose.

En toute logique, l'USP soutient cette proposition. 'Les agriculteurs se donnent beaucoup de mal pour ramasser les emballages de nourriture ou des paquets de cigarettes vides avant de pouvoir faucher leurs prés'.

Près d'une dizaine de propositions allant dans ce sens, lancées par tous les bords politiques, ont été précédemment déposées sans succès au Parlement, a précisé à l'ats Sandra Helfenstein, porte-parole de l'USP. Jusqu'ici, la question du littering est restée cantonnée au niveau cantonal et communal.

Et elle devrait le rester, estiment l'UDC et le PBD, qui refusent l'idée d'une amende. Le premier craint le développement de nouvelles taxes comme de nouvelles charges administratives. En estimant aussi que la gestion des déchets sauvages ne relève pas de la Confédération, le PLR a lui choisi de ne pas se prononcer.

Au contraire, plusieurs cantons qui appliquent déjà une politique répressive contre le littering, comme Argovie, Thurgovie ou Soleure, ne voient pas d'inconvénients à ce que l'effort soit aussi mené à l'échelon national.

Le littering plus grave que fumer un joint

Le canton de Fribourg soutient aussi cette démarche répressive. Il relève encore qu'une amende pour abandon de déchets sera égale ou supérieure à la consommation de 10g de marijuana.

Les citoyens de Bâle-Campagne ont adopté en mars dernier des mesures contre le littering. Ils ont accepté une modification de la loi sur les communes qui donnent à ces dernières les bases légales pour mettre à l'amende jusqu'à 1000 francs ceux qui laissent traîner ou jettent des déchets dans les espaces publics.

Enfin, la Fondation pour la pratique environnementale en Suisse (PUSCH) soutient que les mineurs ne devraient pas être mis à l'amende, même dans les écoles où le littering est un problème. Comme l'association des communes suisses, elle plaide pour davantage de prévention et de mesures éducatives: elle considère que la répression n'a guère fonctionné jusqu'ici dans les communes qui la pratiquent.

/ATS


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