Jugé pour avoir tiré une rafale de fusil d'assaut sur sa nièce

Un homme de 50 ans était jugé lundi par le Tribunal correctionnel de Genève pour tentative ...
Jugé pour avoir tiré une rafale de fusil d'assaut sur sa nièce

Jugé pour avoir tiré une rafale de fusil d'assaut sur sa nièce

Photo: Keystone

Un homme de 50 ans était jugé lundi par le Tribunal correctionnel de Genève pour tentative d'assassinat. Un jour de mai 2015, il avait tiré sur sa nièce de 25 ans avec un fusil d'assaut, la blessant grièvement. Le verdict sera rendu mardi.

L'accusé n'a pas donné d'explication à son geste devant la cour. 'Je ne sais pas pourquoi j'ai agi de cette manière envers ma nièce, je n'ai rien à lui reprocher'. Le prévenu a dit ne pas avoir trop de souvenirs des faits. Il a affirmé uniquement se rappeler de deux armes posées sur son lit. Des armes qu'il avait acquises légalement.

Le drame s'est produit dans l'appartement qu'occupait le prévenu avec sa mère et sa nièce. L'accusé a indiqué que ce ménage à trois se déroulait sans accros majeurs. 'Il y avait quelques divergences, mais pas de graves conflits.' Les expertises psychiatriques commandées par la justice donnent une autre image de la famille.

L'accusé a eu un parcours parsemé d'échecs et a une mère surprotectrice, a relevé dans son réquisitoire la procureure Olivia Dilonardo. La cohabitation avec sa nièce était loin d'être idyllique. Le prévenu fouillait dans les affaires de la jeune femme, lui refusait toute intimité et dormait dans son lit en son absence.

Jalousie

A ces rapports ambigus s'est ajoutée la jalousie. Contrairement au prévenu, la jeune femme réussissait sa vie. Elle a terminé brillamment des études d'avocat, et elle venait de décrocher une place de stage. Elle prenait de l'assurance et commençait à faire des remarques sur les comportements dérangeants de son oncle.

Elle allait quitter ce lieu glauque et n'aurait plus à vivre à côté de son oncle intrusif, a souligné Philippe Juvet, l'avocat de la jeune femme. Ce départ imminent, l'accusé ne l'a pas supporté. Il ne concevait pas qu'elle s'échappe du nid. 'On est dans le mobile odieux', a-t-il ajouté.

'Je me souviens que la porte d'entrée du logement a explosé', a raconté la victime devant les juges. Le prévenu avait placé le curseur de son arme sur le mode rafale. Il a tiré 19 balles, dont 14 ont atteint la jeune femme. Celle-ci a miraculeusement survécu. Elle a déjà subi une trentaine d'opérations.

Des séquelles à vie

'Aujourd'hui, j'habite chez mon ami', a-t-elle précisé. La victime n'a plus vu sa grand-mère depuis le drame, car 'elle a une vision de la situation assez dure à comprendre'. La jeune femme portera toute sa vie les séquelles de ce qui lui est arrivé. Elle a appris à écrire de la main gauche, car son bras droit a perdu en mobilité.

La malheureuse a aussi dû faire le deuil de son corps d'avant. 'J'essaie de le cacher le plus possible en été'. Ses jambes sont couvertes de cicatrices. La difficulté pour elle est de ne pas comprendre pourquoi son oncle lui a fait tant de mal. 'Je n'ai aucune explication'.

Mesure requise

La représentante du Ministère public a requis une peine de 7 ans de prison à l'encontre de l'accusé et a demandé que cette peine soit suspendue au profit d'une mesure en milieu fermé. Selon les experts, le prévenu a une responsabilité fortement restreinte et souffrait d'un grave trouble narcissique et paranoïde au moment des faits.

Il croyait notamment qu'une femme dont il était tombé amoureux complotait contre lui et le faisait surveiller. L'avocat de la défense Michel Celi Vegas a plaidé, de son côté, l'irresponsabilité de son client. Il a dit ne pas s'opposer à une mesure institutionnelle. Le jugement sera rendu mardi à 12h00.

/ATS
 

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