L'accès à la psychothérapie sera facilité

Les psychologues-psychothérapeutes pourront exercer à titre indépendant, sans la surveillance ...
L'accès à la psychothérapie sera facilité

L'accès à la psychothérapie sera facilité

Photo: KEYSTONE/CHRISTIAN BEUTLER

Les psychologues-psychothérapeutes pourront exercer à titre indépendant, sans la surveillance d'un médecin, dès le 1er juillet 2022. Le Conseil fédéral a modifié vendredi l'ordonnance, afin d'accélérer la prise en charge des personnes atteintes de troubles psychiques.

Les prestations fournies par des psychologues, formés en psychothérapie, seront remboursées par l'assurance maladie de base. Mais elles devront avoir été prescrites par un médecin.

Les thérapeutes devront aussi posséder une qualification appropriée ainsi qu'une autorisation de pratiquer délivrée par le canton. Ce modèle est déjà appliqué pour la physiothérapie, l'ergothérapie ou la neuropsychologie.

Les psychologues attendaient ce changement depuis longtemps. Actuellement, ils peuvent fournir leurs prestations sous la surveillance d'un médecin et dans le cabinet de celui-ci pour pouvoir être remboursés par l'assurance de base.

Réduire la durée des thérapies

Le modèle repose sur un arrêt du Tribunal fédéral, conçu comme une réglementation transitoire avant l'entrée en vigueur en 2013 de la loi sur les professions de la psychologie. Depuis, les formations de base et postgrade ont été harmonisées.

Le nouveau modèle améliore la prise en charge des enfants et des adolescents, mais aussi des adultes en situation de crise et d'urgence, précise le gouvernement. La prescription d'un médecin de premier recours facilite l'accès à la psychothérapie qui pourra débuter à temps, sans attendre l'aval d'un médecin psychiatre. Elle réduit la durée des thérapies et la chronicisation des maladies.

Les troubles psychiques comptent parmi les maladies les plus fréquentes et les plus handicapantes, poursuit-il. Au cours d'une année, jusqu'à un tiers de la population est touchée par une maladie psychique nécessitant un traitement, comme une dépression, un trouble de l'anxiété et une addiction.

100 millions de francs

Des mesures sont prévues pour éviter une hausse injustifiée des prestations et encourager la coordination entre les médecins et les psychothérapeutes. Une prescription médicale donne droit à quinze séances de psychothérapie au maximum. Elle peut être reconduite une fois.

Au-delà de ces trente séances, un rapport doit être adressé au médecin-conseil de l'assureur pour prolonger la thérapie. Jusqu'ici, le nombre était fixé à 40.

Selon les estimations du Conseil fédéral, un montant de 100 millions de francs sera remboursé par l'assurance de base. Aujourd'hui, les frais sont à la charge des patients eux-mêmes et des assurances complémentaires. A long terme, ce chiffre pourrait augmenter à environ 170 millions.

Les répercussions de la nouvelle réglementation sur les soins et les coûts feront l'objet d'une évaluation ces prochaines années. Elle pourra, le cas échéant, être adaptée.

/ATS
 

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