L'aide aux victimes n'est pas offerte assez clairement aux hommes

Les hommes ne représentent qu'un petit quart des 30'000 personnes qui s'adressent à un centre ...
L'aide aux victimes n'est pas offerte assez clairement aux hommes

L'aide aux victimes n'est pas offerte assez clairement aux hommes

Photo: Keystone

Les hommes ne représentent qu'un petit quart des 30'000 personnes qui s'adressent à un centre d'aide aux victimes chaque année. Les cantons devraient renforcer la visibilité de leur offre envers la gent masculine, estime une sociologue.

Anne Kersten a publié une thèse à ce sujet, dont l'Université de Fribourg a communiqué les conclusions jeudi. Elle relève que la loi sur l'aide aux victimes a été mise en place en partant de l'hypothèse que les principales victimes de violences sont les femmes et les jeunes filles.

L'étude compare le canton de Berne et les deux demi-cantons de Bâle. La proportion d'hommes ayant bénéficié de conseils n'atteint que 17% côté bernois contre 37% côté bâlois. L'écart ne reflète pas des violences plus nombreuses contre les hommes sur territoire bâlois, mais une différence dans la mise en place de l'aide, selon la chercheuse.

Dispositions cantonales fortes

Après l'entrée en vigueur de l'aide aux victimes en 1993, le canton de Berne s'est basé sur des offres déjà existantes: des associations qui avaient jusqu'alors offert leur soutien surtout aux femmes. Bâle-Ville et Bâle-Campagne, par contre, ont été plus volontaristes et ont instauré de nouvelles structures disposant d'une flexibilité accrue.

La sociologue recommande aux centres d'aide d'accroître leur visibilité, car il n'est pas toujours clair que l'offre s'adresse aussi aux hommes. Elle ajoute qu'ils devraient mettre à disposition des locaux et ressources pour les victimes masculines. Il faudrait aussi distinguer les violences domestiques de celles subies à l'extérieur, les hommes étant davantage concernés par ces dernières.

L'aide aux victimes a été adopté par le peuple en 1984. Celui qui est atteint dans son intégrité physique, sexuelle ou psychique à la suite d'une infraction pénale a droit à un soutien financier de l'Etat. La loi est actuellement soumise à une évaluation exigée par le Conseil fédéral. Anne Kersten fait partie du groupe chargé de cette tâche.

/ATS


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