L’expédition suisse Ocean mapping fait escale en Australie

L'expédition 'Fleur de Passion' de l'ONG genevoise Fondation Pacifique a amarré vendredi son ...
L’expédition suisse Ocean mapping fait escale en Australie

L’expédition suisse Ocean mapping fait escale en Australie

Photo: Keystone

L'expédition 'Fleur de Passion' de l'ONG genevoise Fondation Pacifique a amarré vendredi son navire à Brisbane, en Australie. Premier projet sur place: mesurer les dégâts environnementaux sur une portion de la grande barrière de corail, qui n’a pas encore été étudiée.

Le voilier historique suisse est arrivé à Brisbane au terme d'une traversée du Pacifique de sept mois. C'est la plus longue navigation de l'expédition qui a débuté en avril 2015 pour un périple scientifique et une aventure humaine de quatre ans sur les traces de Magellan.

Le navire a jeté son ancre en Australie pour une escale de quatre mois, le temps de subir des travaux de maintenance et d'attendre la fin de la saison des cyclones.

Valider des modèles

Le pont est ouvert au public ce week-end pour permettre à l'équipage de partager les découvertes et améliorer la compréhension de la mer. Les visites des chercheurs et des autorités suivront. Ceux-ci sont invités à découvrir le travail scientifique mené à bord, avec l'espoir de développer un maximum de collaborations permettant de cofinancer l'aventure.

Prochain projet: cartographier une portion de la Grande Barrière de corail grâce à une collaboration universitaire locale. Samuel Gardaz, vice-président de la Fondation Pacifique, s'enthousiasme: 'Non, contrairement à ce que l'on croit tout n'a pas été ni étudié ni analysé sur ce site. Il s'agit pour nous aujourd'hui de valider les modèles prédictifs du réchauffement climatique'.

'Le plastique est partout'

A travers les océans, de Séville à Rio de Janeiro, de Buenos Aires à la Patagonie, du Chili à Tahiti en passant par l'île de Pâques, les rencontres académiques se sont multipliées. L'équipage poursuit sa quête et accumule les données sur la pollution plastique des mers en collaboration avec l'association genevoise Ocean view.

'Le plastique est partout. Il a envahi le globe. Nous n'imaginions pas que cela soit aussi systématique et dans les lieux les plus reculés', s'émeut Samuel Gardaz.

Le navire est également équipé de capteurs qui permettent de mesurer le taux des gaz à effet de serre, dont le gaz carbonique et le méthane, dans l'air des zones peu analysées, mais également dans l'eau.

'C'est un travail exceptionnel, car nous nous rendons là où peu sont allés, et même, parfois, là où personne n'a jamais conduit d'analyses', poursuit Samuel Gardaz.

Pollution sonore

Autre volet scientifique, la pollution sonore dont on parle de plus en plus. Elle est produite par les exploitations de pétrole, les transports maritimes, les fermes éoliennes, les tests nucléaires. Ce brouhaha continu et assourdissant empêche les cétacés de communiquer ou d'entendre les bateaux qu'ils percutent.

De manière plus inattendue, le biologiste Michel André décrit aussi l'effet sur les mollusques. Sans organes auditifs, ils sont encore plus fatalement affectés. 'L'impact pourrait se révéler plus grave que la surpêche et les autres pollutions. Les invertébrés marins comme les pieuvres, les seiches, les méduses sont concernés. Leurs organes sensoriels ne leur permettent plus de nager en équilibre.'

L'hémisphère Sud possède encore des poches préservées, souligne Michel André. 'Au milieu du Pacifique, on a pu retrouver ce niveau zéro. Mais pour combien de temps ?', s'interroge-t-il. La rencontre avec le public au cours du voyage lui permet d'attirer l'attention du public sur cet aspect des atteintes à l'environnement.

En avril 2017, l'équipage de Fleur de passion reprend la mer. Destination, les îles Salomon et l'Asie du Sud-Est.

/ATS


Actualisé le

 

Actualités suivantes

Articles les plus lus