La Suisse a tiré les leçons de la crue record de 2005

Il y aura dix ans à la fin de la semaine, la Suisse, surtout alémanique, était confrontée à ...
La Suisse a tiré les leçons de la crue record de 2005

La Suisse a tiré les leçons de la crue record de 2005

Photo: Keystone

Il y aura dix ans à la fin de la semaine, la Suisse, surtout alémanique, était confrontée à une des pires crues de son histoire. Six personnes avaient perdu la vie et les dégâts avaient atteint les 3 milliards de francs. De nombreuses mesures ont été prises depuis.

L'alerte a été donnée dans la nuit du samedi au dimanche 22 août 2005. On a mesuré par endroits 100 litres au mètre carré en 24 heures. Jusqu'au mardi suivant, les territoires les plus touchés ont reçu jusqu'à 200 l/m2, l'équivalent d'une baignoire.

La Suisse romande a été relativement épargnée, l'essentiel des précipitations se concentrant de l'Oberland bernois à la campagne glaronnaise. Selon l'Office fédéral de l'environnement (OFEV), qui consacre sur son site internet un dossier au rappel de l'événement, près d'un tiers de toutes les communes de Suisse ont subi ces intempéries.

Pas une vallée n'a été épargnée. La situation était d'autant plus grave que le sol était déjà saturé, après un mois d'août maussade. Les moins malheureux s'en sont tirés avec des caves inondées, mais d'autres ont dû faire face à des glissements de terrain ou autres inondations.

Dégâts en vrac

De nombreux axes autoroutiers et ferroviaires, dont les tunnels du Gothard et du Lötschberg, ont été fermés plusieurs jours, Engelberg (OW) est resté coupé du monde. La Grand-Place de Sarnen et le quartier de la Matte à Berne, pour ne citer qu'elles, étaient sous l'eau.

La situation a pris des tournures dramatiques dans plusieurs cantons. Ceux de Berne, Lucerne, Uri, Obwald et Nidwald ont été les plus sinistrés, où se concentrent près des trois quarts des dégâts, en termes financiers. Dans trois communes lucernoises, 1500 habitants ont été évacués d'urgence et relogés dans des abris de fortune.

Six victimes

A Brienz (BE), deux personnes sont mortes dans les décombres de leur maison emportée par une coulée de boue. Dans l'Entlebuch, ce sont deux pompiers qui ont été ensevelis par un glissement de terrain alors qu'ils étaient en pleine opération de sauvetage.

Une dame âgée a quant à elle été emportée par les flots de la Landquart, sortie de son lit à Klosters (GR). Un homme a disparu dans les mêmes conditions à Dürnten (ZH).

Lacunes

Ces catastrophes ont montré qu'il existait bien des lacunes tant au niveau de la chaîne d'alerte que de la prévention en amont. D'une manière générale, les mesures d'urgence ont été décidées et appliquées rapidement et sans bureaucratie, comme le relève Martin Odermatt, maire d'Engelberg à l'époque.

Mais si les nombreuses mesures prises entretemps avaient alors existé, les dégâts auraient été de 20% inférieurs, soit près de 600 millions, selon les estimations de Josef Hess. Aujourd'hui vice-directeur de l'OFEV, il était membre de l'état-major en cas de catastrophe du canton d'Obwald en 2005.

Mesures engagées

Montrant l'exemple, la Confédération a ouvert le porte-monnaie en doublant les crédits, mettant à disposition 150 à 170 millions de francs par année pour la réalisation de mesures comme la construction de digues. Beaucoup de cantons et de communes ont suivi, à l'image de Berne.

Les crues de 2005 ont souligné qu'un projet lancé après de précédentes crues, en 1999, devait être mis à exécution au plus vite, relève Bernhard Wehren, chef de la Régulation des lacs du canton de Berne. La ville de Berne est désormais protégée. Et son homologue argovien Martin Tschannen de féliciter le canton de Berne, en amont.

Le système mis en place a fonctionné à merveille lors de la crue de mai 2015. Les crues de 2005 ont accéléré l'établissement des cartes des dangers, qui ont pu être achevées en 2011. Les deux sites les plus vulnérables du canton d'Argovie ont été assainis. Ce qui s'est passé alors ne pourra plus se produire, selon M.Tschannen.

Autres lacunes apparues alors, la transmission des informations et les compétences des responsables des communes, les petites plutôt, à les interpréter correctement. Là aussi, un effort a été fait, avec des formations et de la documentation désormais à leur disposition.

La Confédération propose à présent une documentation aux cantons, qui leur permet de former des conseillers locaux en matière de dangers naturels. Si les prévisions avaient pu être interprétées au niveau local en 2005, il aurait par exemple été possible de sortir les véhicules des garages souterrains et de les mettre à l'abri. À elle seule, cette mesure aurait évité plus de 90 millions de francs de dégâts, souligne Bernhard Wehren, chef de la Régulation des lacs du canton de Berne.

/ATS


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