La grève est suspendue mais la mobilisation continue

En grève depuis mardi, la fonction publique genevoise et le secteur subventionné ne reconduiront ...
La grève est suspendue mais la mobilisation continue

La grève est suspendue mais la mobilisation continue

Photo: Keystone

En grève depuis mardi, la fonction publique genevoise et le secteur subventionné ne reconduiront pas le mouvement vendredi. L'assemblée du personnel a décidé jeudi de suspendre la grève et fixé un préavis pour le mardi 1er décembre, reconductible le jeudi 3 décembre.

'C'est un message de force, de détermination et d'intelligence', a déclaré Davide De Filippo, du Syndicat interprofessionnel des travailleurs. La grève et les manifestations pour protester contre les mesures d'économie prévues par le Conseil d'Etat agitent le canton depuis mardi.

La décision de suspendre la grève a été prise par une majorité nette des quelque 1500 personnes réunies jeudi en assemblée du personnel dans une énorme tente installée sur la Plaine de Plainpalais. La majorité a suivi la proposition du comité unitaire de lutte des services publics.

'Il est temps aujourd'hui de suspendre la grève pour mieux la recommencer', a déclaré Marc Simeth, président du Cartel intersyndical de la fonction publique. Auparavant, les différents secteurs avaient fait état de la mobilisation qui commence à s'essouffler.

Des avis contraires

Seuls les enseignants du cycle d'orientation et le Service de protection des mineurs (SPMi) étaient prêts à reconduire la grève vendredi. Pour le personnel des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG), de l'Hospice général et de l'enseignement au post-obligatoire, maintenir le mouvement n'était plus possible.

Certains étaient toutefois très remontés, prêts à en découdre avec le Conseil d'Etat: 'On ne va pas se déculotter maintenant', a lancé une enseignante à la retraite. Un autre a insisté sur l'importance de capitaliser tout de suite sur l'ampleur du mouvement. Mais ces oppositions sont restées minoritaires.

L'Escalade boycottée

La suspension a finalement été votée après quelques hésitations logistiques. L'assemblée a fixé une réunion le 25 novembre afin de préparer une nouvelle grève mardi 1er décembre. Cette grève sera reconduite si nécessaire le jeudi 3 décembre, jour de séance de Grand Conseil. Le comité unitaire de lutte veut d'ici-là que le Conseil d'Etat ouvre des négociations sans condition.

Le personnel de l'Etat proteste contre la volonté du gouvernement de réduire la masse salariale de la fonction publique de 5% en trois ans. Pour parvenir à ce but, l'exécutif envisage notamment d'augmenter le temps de travail hebdomadaire de 40 à 42 heures, de geler les embauches et de bloquer l'annuité.

A défaut de reconduire la grève, les enseignants du cycle d'orientation ont annoncé des actions ponctuelles pour maintenir la mobilisation. Ils ont décidé de boycotter les festivités de l'Escalade, et si nécessaire les voyages d'étude et les camps de ski. Ils ont aussi décidé de ne pas remettre les notes des élèves.

Députés hués

Cette assemblée a été suivie par une manifestation jusqu'à l'Hôtel-de-Ville où siégeait le Grand Conseil. Le cortège a rassemblé 7300 personnes selon les syndicats, 7000 selon la police. Les manifestants ont hué les députés de droite qui rentraient dans le bâtiment.

Le Grand Conseil doit se prononcer sur un projet de loi de la droite qui vise à renforcer le frein à l'endettement. Il s'agit de bloquer les charges de fonctionnement et de personnel de l'Etat tant que la dette ne baisse pas au niveau des revenus. Le référendum a déjà été annoncé contre un texte 'détestable' pour la fonction publique.

/ATS


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