Le PLR Olivier Français bat l'écologiste Luc Recordon

Le PLR Olivier Français a sonné le glas dimanche du ticket rose-vert vaudois au Conseil des ...
Le PLR Olivier Français bat l'écologiste Luc Recordon

Le PLR Olivier Français bat l'écologiste Luc Recordon

Photo: Keystone

Le PLR Olivier Français a sonné le glas dimanche du ticket rose-vert vaudois au Conseil des Etats. Il a créé la surprise en battant de 3096 voix l'écologiste sortant Luc Recordon, qui quitte la scène fédérale. La socialiste Géraldine Savary termine en tête.

L'élection d'Olivier Français, 60 ans, constitue une surprise et un exploit. Choisi par son parti après le renoncement des deux conseillers d'Etat Pascal Broulis et Jacqueline de Quattro, le municipal lausannois, un des pères du métro M2 et du futur M3, a réussi à déboulonner Luc Recordon de son fauteuil.

La socialiste sortante Géraldine Savary termine en tête avec 53,97 % des voix (81'469 voix), et peut repartir pour un troisième mandat à la Chambre des cantons. Olivier Français arrive en deuxième position avec 51,72 % voix (78'068). Luc Recordon suit au troisième et dernier rang (49,66%, 74'972). La participation a atteint 37,04 %.

Le report des voix UDC en faveur d'Olivier Français a bien fonctionné, alors que la partie n'était pas gagnée d'avance. En congrès, l'UDC lui avait refusé son soutien, laissant la liberté de vote à ses membres. Mais certains ténors du parti comme le conseiller national Guy Parmelin ou le coordinateur romand Claude-Alain Voiblet lui avaient apporté leur appui.

Parti pour gagner

'Nos partenaires de droite et du centre-droit nous ont bien soutenus', a reconnu Olivier Français. 'Je suis parti pour gagner, pour vivre une aventure, au même titre que je prends part à une course d'endurance. J'ai eu un immense plaisir à être sur le terrain', a-t-il lancé en tentant de cacher son émotion.

Le Lausannois, qui quittera la municipalité l'an prochain, a réalisé de bons scores dans les campagnes, et dans certaines villes, comme à Montreux. Mais il ne s'est pas révélé prophète en son pays: à Lausanne, ville qui vote à gauche, il s'est fait nettement distancer par le duo rose-vert. 'Un excellent résultat malgré tout', estimait-il.

Après huit ans au Conseil national, Olivier Français, l'ingénieur pragmatique, va accéder au Conseil des Etats. Il a réussi à regagner le siège PLR perdu en 2007 après le retrait de Christiane Langenberger. Le défi était de taille, même pour un sportif habitué de la Patrouille des glaciers.

Son élection permet à Fathi Derder, premier viennent-ensuite sur la liste PLR, de conserver son siège au National. De même, Jean Christophe Schwaab profite de l'élection de Géraldine Savary pour demeurer sous la Coupole.

Stabilité des sortants

Pour Géraldine Savary, l'élection d'Olivier Français 'traduit le nouveau rapport gauche-droite'. Elle regrette de perdre 'quelqu'un de loyal avec qui cela marchait bien, j'ai le coeur gros'.

Les sortants de gauche ont globalement réédité leurs scores de 2011. C'est le candidat PLR qui a augmenté son résultat, dans le sillage du glissement à droite du 18 octobre dernier, estime Luc Recordon. 'Olivier Français a fait ce qu'il fallait pour capter les voix UDC'.

Le syndic de Lausanne Daniel Brélaz observe un 'effet Parmelin' dans l'élection du municipal lausannois. A ses yeux, la candidature de l'UDC vaudois au Conseil fédéral a motivé l'électorat de ce parti à voter pour le candidat PLR, dans l'optique que cela favoriserait l'agrarien lors de l'élection du 9 décembre à Berne.

Adèle Thorens sauve son siège

Non réélu aux Etats, Luc Recordon va quitter la scène fédérale. Il a décidé de laisser son siège au National - où il a pourtant été élu le 18 octobre en compagnie de Daniel Brélaz - à la co-présidente des Verts suisses Adèle Thorens, première des viennent-ensuite.

Il a estimé que 'deux éléphants de 60 et 65 ans' ne pouvaient pas faire 'obstacle à une jeune femme pleine de dynamisme et qui compte beaucoup de relais au Conseil national. Elle amènera beaucoup plus de valeur ajoutée que moi', a-t-il relevé.

Luc Recordon, qui reste municipal à Jouxtens-Mézery, va désormais consacrer plus de temps à son activité d'avocat. Il conserve son mandat au conseil d'administration de la BCV, pour deux ans encore.

/ATS


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