Le Valais, ce canton masculin qui se teinte de vert

L'élection historique d'un écologiste au Conseil national, l'absence, pour l'heure tout du ...
Le Valais, ce canton masculin qui se teinte de vert

L'élection historique d'un écologiste au Conseil national, l'absence, pour l'heure tout du moins, de femmes parmi les élus à Berne et l'effritement confirmé du PDC: tels sont les premiers enseignements à retenir des élections fédérales en Valais.

Si les Verts ont réalisé un carton au niveau national (+ 17 sièges au National), leur résultat en Valais (10,58%, soit deux fois plus qu'en 2015) tient de l'exceptionnel. Durant des années, les écologistes sont passés pour des 'empêcheurs de tourner en rond' avec leurs oppositions quasi systématiques à tous les projets d'envergure, notamment touristiques, par des associations comme le WWF ou Pro Natura.

Le PDC s'effrite

En 2012, la Lex Weber avait été balayée en Valais par près de quatre électeurs sur cinq, puis la LAT refusée en 2013. A cette époque pas si lointaine, s'afficher vert n'avait rien de très populaire en Valais. Depuis, les mentalités ont progressivement évolué. Le réchauffement climatique est passé par là et nombre de citoyens ont politiquement changé de camp.

Avec moins de 35% des préférences (34,8%) - son minimum historique (-5 points en quatre ans) -, le PDC a perdu l'un de ses quatre élus à la Chambre du peuple. Le sortant Thomas Egger a connu les affres de la non-réélection à l'instar de l'actuel conseiller d'Etat Roberto Schmid en 2011. La liste chrétienne-sociale du Haut n'a en effet pas obtenu suffisamment de suffrages pour les matérialiser victorieusement. Il est vrai, qu'en Valais, l'un des sièges est souvent particulièrement volatile, passant régulièrement du PDC à la gauche.

Les femmes absentes

Comme on pouvait s'y attendre, les femmes sont les grandes perdantes de l'élection au Conseil national. Si l'on excepte Franziska Biner, deuxième de la liste PDC dans la Haut-Valais et la Verte Magali Di Marco (ex-médaillée olympique en triathlon en 2000), rare auront été les femmes à s'attirer la sympathie de l'électorat.

Un paradoxe si l'on considère que le nombre de candidates n'avait jamais été aussi élevé cette année (90 sur 236 candidats), en hausse de 100% par rapport à 2015 (45). Les électeurs ont considéré que le nombre n'était pas un automatique gage de réussite. L'élection au Conseil des Etats de Marianne Maret au soir du dimanche 3 novembre pourrait rendre la situation un peu moins amère.

L'élection de Viola Amherd au Conseil fédéral en 2018 et le retrait de Géraldine Marchand-Balet ont également fragilisé un PDC vidé d'une bonne partie de sa substance féminine. Cela s'est ressenti sur le cumul des suffrages, tout comme l'absence de Yannick Buttet, son meilleur élu il y a quatre ans.

Locomotives sans wagons

Malgré des locomotives de la trempe de Mathias Reynard (le mieux élu, 34'175 voix) et de Philippe Nantermod (27'306), le PS et le PLR sont restés loin de leur désir d'augmenter leur représentation à Berne, via le Conseil national. Idem pour une UDC, déjà satisfaite d'avoir conservé ses deux élus, dans une élection où Franz Ruppen aura terminé bon cinquième (25'493 voix).

Un dernier mot sur la participation. Si elle demeure la plus élevée de Suisse romande avec 54,32% (Conseil national), celle-ci baisse toutefois de cinq points. Dans le Bas-Valais, moins d'un électeur sur deux a voté (48,9%).

/ATS
 

Actualités suivantes