Le diagnostic préimplantatoire est « dangereux », selon un comité

Le diagnostic préimplantatoire ouvre la porte à l'eugénisme et est stigmatisant pour les personnes ...
Le diagnostic préimplantatoire est « dangereux », selon un comité

Le diagnostic préimplantatoire est

Photo: Keystone

Le diagnostic préimplantatoire ouvre la porte à l'eugénisme et est stigmatisant pour les personnes handicapées, tonne un comité interpartis. Le dépistage chromosomique généralisé est notamment dans son viseur. Le peuple vote le 5 juin.

Le diagnostic préimplantatoire (DPI), même s'il ne concerne que quelques centaines de cas par année en Suisse, soulève des émotions au-delà des frontières partisanes. Cette technique permet de différencier un embryon sain d'un autre atteint d'une anomalie avant son implantation dans l'utérus.

A l'origine, le Conseil fédéral souhaitait réserver le DPI aux couples porteurs d'une maladie héréditaire grave. Mais après de longs débats, le Parlement a introduit un élargissement à tous les couples ayant recours à la fécondation in vitro. Ceux-ci auraient désormais la possibilité de faire examiner des caractéristiques génétiques des embryons, notamment les anomalies chromosomiques de type trisomie 21, parfois causes de stérilité.

Une modification qui ne passe pas. Avec son référendum, le comité, qui compte quelque 50 représentants de tous les partis, entend bien 'empêcher une application générale et aveugle' de la loi sur la procréation médicalement assistée, a-t-il assuré vendredi à Berne. Elle vise à appliquer la modification constitutionnelle adoptée en votation par 61,9% des voix en juin dernier.

Sélection des êtres

Je me suis engagé pour le oui à l'article constitutionnel sur le DPI, a rappelé devant les médias le conseiller national Mathias Reynard (PS/VS). 'Mais aujourd'hui, le débat est tout autre. La modification a pour conséquence d'élargir les bénéficiaires du DPI de quelques dizaines de personnes à plusieurs milliers.' On passe ainsi de critères très stricts à un principe d'opportunité.

Et le socialiste valaisan de rappeler que le ministre de la santé Alain Berset s'était lui-même opposé à cette proposition lors des débats au Parlement. En début de semaine, le conseiller fédéral socialiste parlait désormais 'd'élargissement acceptable.'

Or, en s'éloignant du concept de maladie grave, on voit apparaître un risque de sélection des êtres, un risque d'eugénisme, affirme encore Mathias Reynard. Un avis partagé par son compatriote valaisan UDC, le conseiller national Jean-Luc Addor. En donnant aux scientifiques un droit de vie et de mort sans contrôle sérieux, 'on ouvre la boîte de Pandore' et on augmente les risques d'abus.

'Pas d'enfants OGM'

'Nous ne voulons pas d'enfants améliorés génétiquement, nous nous engageons pour une société qui inclue les personnes avec un handicap', a renchéri la conseillère nationale Christine Häsler (Verts/BE). La distinction entre les embryons 'dignes de vivre' et ceux qui ne le seraient pas mènera inévitablement à une discrimination des personnes avec un handicap.

Le DPI est pratiqué depuis une vingtaine d'années à l'étranger. La nouvelle loi vise aussi à mettre un terme 'au tourisme de la procréation médicalement assistée', selon les termes d'Alain Berset.

'Cela ne signifie pas que nous devons faire aveuglément la même erreur en Suisse', a réfuté la conseillère nationale du Parti évangélique Marianne Streiff-Feller, dont la formation était à la pointe du référendum. D'autant plus que l'exemple de la Grande-Bretagne, qui ne cesse d'allonger la liste des critères de sélection des caractéristiques chromosomiques, est inquiétant, selon Mathias Reynard.

/ATS


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