L'administration devra se passer de 128 millions en 2017

L'administration fédérale est la première à faire les frais de l'austérité prônée par la droite ...
L'administration devra se passer de 128 millions en 2017

L'administration devra se passer de 128 millions en 2017

Photo: Keystone

L'administration fédérale est la première à faire les frais de l'austérité prônée par la droite dans le budget 2017 de la Confédération. Le National a décidé mercredi de couper 128 millions. La formation, l'agriculture et la coopération ont en revanche été épargnées.

Par 100 voix contre 86, les députés se sont prononcés pour des coupes transversales de 50 millions de francs concernant le personnel. Cette mesure doit freiner la hausse des emplois fédéraux à laquelle on a assisté ces dernières années, a fait valoir Thomas Müller (UDC/SG) au nom de la commission. Il s'agit d'un compromis, selon lui.

L'UDC voulait en effet économiser jusqu'à 163 millions. Les possibilités de réduire le personnel ne sont pas si évidentes d'autant plus que le Parlement multiplie les prestations à fournir, a critiqué en vain le ministre des finances Ueli Maurer. La gauche a été plus ferme. On va finir avec un Etat croupion qui fournira des services croupions, a lancé Philipp Hadorn (PS/SO).

Par 106 voix contre 83, le National a en outre décidé de couper 60,3 millions dans les 753 millions prévus pour le recours aux services externes. La baisse de 8% devrait être maintenue de 2018 à 2020. Enfin, par 100 voix contre 90, la Chambre du peuple veut raboter 17,5 millions dans la technique d'information et de communication. Il s'agit de geler les dépenses au niveau de 2016.

Formation et agriculture

Conformément aux décisions déjà prises dans le programme de stabilisation et dans les crédits pluriannuels, les députés ont décidé d'épargner la formation et la recherche, qui devraient recevoir 73,8 millions de plus que prévu. Seule l'UDC, réclamant une véritable cure d'austérité, a refusé de faire un tel geste.

Dans le détail, il s'agit de 40 millions pour les Ecoles polytechniques fédérales, de 13,8 millions pour les universités, de 10 millions pour les hautes écoles spécialisées et de 10 millions pour les établissements de recherche d'importance nationale.

Idem du côté de l'agriculture. Le National a accordé 2,5 millions de plus pour la promotion de la qualité et des ventes et 61,9 millions de plus pour les paiements directs. Par 118 voix contre 68, il a ajouté 26,7 millions (pour un total de 94,6 millions) dans les contributions à l'exportation de produits agricoles transformés (loi chocolatière). Cette hausse devrait être maintenue jusqu'en 2020.

Enfin, la droite a une nouvelle fois manqué son assaut contre l'aide au développement. L'UDC voulait couper jusqu'à 338 millions dans la coopération internationale. Elle a échoué par 121 voix contre 66. La gauche n'a pas eu plus chance en demandant 30 millions de plus pour les actions spécifiques et 782'000 francs supplémentaires pour l'aide aux pays de l'Est.

Asile et frein à l'endettement

Les débats se poursuivront jeudi. Le National devra se pencher sur les solutions présentées par le Conseil fédéral pour respecter le frein à l'endettement. Selon les calculs du gouvernement, les dépenses liées à l'asile devraient bondir de plus de 850 millions. Ce résultat plomberait tellement les finances que le budget accuserait un déficit de 619 millions.

Le frein à l'endettement autorise certes des pertes lorsque la conjoncture est moins bonne. Un plafond est toutefois fixé en fonction des recettes. La copie gouvernementale ne devrait pas déboucher sur un déficit supérieur à 344 millions. Pour sortir de l'ornière, le gouvernement propose d'inscrire 400 millions pour l'asile au titre de dépenses extraordinaires.

Cette méthode est contestée. La droite veut compenser cette somme en coupant 344 millions dans le budget prévu pour le Secrétariat d'Etat aux migrations et en prévoyant un blocage de crédit de 60 millions. Le PDC et le camp rose-vert ne soutiennent pas la démarche.

/ATS


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