Le projet de budget 2017 prévoit un déficit de 77 millions

Le projet de budget 2017 de l'Etat de Genève prévoit un déficit de 77 millions de francs pour ...
Le projet de budget 2017 prévoit un déficit de 77 millions

Le projet de budget 2017 prévoit un déficit de 77 millions

Photo: Keystone

Le projet de budget 2017 de l'Etat de Genève prévoit un déficit de 77 millions de francs pour des charges de 8,1 milliards. L'exécutif estime avoir élaboré un projet 'raisonnable et mesuré'. Il espère maintenant que le Grand Conseil prenne ses responsabilités.

'C'est un budget d'apaisement, fédérateur et constructif', a commenté mardi le président du Conseil d'Etat genevois François Longchamp. Il contient des efforts d'économies et permet en même temps d'assurer le bon fonctionnement de l'Etat et de préserver les conditions cadres sur lesquelles s'appuie le développement du canton.

A travers son projet, le gouvernement a voulu apporter de la sérénité au débat politique. Il veut éviter de revivre le scénario de l'an dernier. Le Grand Conseil avait refusé de voter le budget qui lui avait été proposé pour l'exercice 2016. L'Etat a ainsi dû fonctionner en se calquant sur les dépenses effectuées en 2015.

Le Conseil d'Etat ne souhaite pas une situation similaire pour 2017, surtout dans la perspective des discussions autour de la réforme de l'imposition des entreprises (RIE III). Cette réforme, qui devrait s'appliquer dès 2019, est d'une importance cruciale pour Genève. Elle concerne des dizaines de milliers d'emplois.

Pas du luxe

Même si le Conseil d'Etat qualifie le projet de budget 2017 de fédérateur, le déficit de 77 millions de francs devrait faire hérisser certains poils à droite. La hausse de 2,9% des charges n'a pas pour origine des dépenses somptuaires, a toutefois précisé la conseillère d'Etat Anne Emery-Torracinta.

L'essentiel de la progression des charges prévue concerne des dépenses auxquelles le canton ne peut échapper, car inscrites dans les lois. Le canton va devoir ainsi faire un effort supplémentaire de 100 millions de francs dans le domaine du social et de 50 millions de francs pour respecter les mécanismes salariaux à l'Etat.

Tous les départements de l'administration ont par ailleurs dû se serrer la ceinture. Les mesures permettront d'économiser 62 millions en 2017. Au total, 358 millions d'économies récurrentes auront été réalisées depuis 2015. Le canton se prépare ainsi progressivement à la réforme RIE III, qui va lui faire perdre des recettes fiscales.

Gros investissements

Le Conseil d'Etat maintient les investissements à un niveau élevé, soit 748 millions de dépenses nettes, mais ils ne pourront être autofinancés qu'à hauteur de 52%. Un manque de financement qui n'alourdira pas automatiquement la dette du canton, a affirmé le grand argentier Serge Dal Busco.

La part du lion des investissements prévus l'an prochain revient à la mobilité. Le canton prévoit des dépenses de l'ordre de 320 millions de francs, dont 110 pour la ligne ferroviaire du CEVA. La formation reçoit 162 millions de francs, la santé 85 millions de francs et la sécurité 38 millions de francs.

Les réactions politiques au projet de budget 2017 n'ont pas tardé. Les socialistes lui réservent un accueil prudent. A leurs yeux, 'une hausse structurelle des recettes de l'Etat reste nécessaire' pour faire face à la croissance de la population et de ses besoins.

Le PLR est de son côté préoccupé par l'avenir des finances publiques cantonales et des prestations étatiques à long terme. 'La dette de l'Etat s'élève à environ 12,7 milliards de francs et les charges ne cessent d'augmenter, alors que les rentrées fiscales deviennent incertaines'.

L'UDC, pour sa part, refusera tout budget déficitaire. Le parti estime que le Conseil d'Etat a eu pour unique but de ne pas se mettre à dos la gauche, afin de faire passer la réforme RIE III. Le MCG déplore 'les cadeaux fiscaux offerts aux frontaliers quasi résidents', avec la déduction de déplacement sur la feuille d'impôt.

Verts et PDC satisfaits

Les Verts et le PDC, en revanche, saluent le projet de budget du Conseil d'Etat. Les écologistes relèvent que le gouvernement a renoncé à envisager des coupes dans le social et l'éducation. Les démocrates-chrétiens estiment que la copie de l'exécutif permettra de pacifier les rapports entre le Parlement et la fonction publique.

Pour Ensemble à Gauche, le Conseil d'Etat rationne les prestations de l'Etat 'pour préparer la défiscalisation massive des bénéfices des grandes entreprises' dans le cadre de RIE III.

/ATS


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