Santé: les chances de survie face au cancer ont augmenté

La population vieillissant, le cancer progresse en Suisse. Quelque 42'000 nouveaux cas devraient ...
Santé: les chances de survie face au cancer ont augmenté

Santé: les chances de survie face au cancer ont augmenté

Photo: Keystone

La population vieillissant, le cancer progresse en Suisse. Quelque 42'000 nouveaux cas devraient avoir été diagnostiqués en 2015. Mais parallèlement les chances de survie ont augmenté, selon un rapport de l'Office fédéral de la statistique (OFS).

Aujourd'hui, environ 317'000 personnes vivent avec un cancer en Suisse, soit 170'000 femmes et 147'000 hommes. Dans plus de 4000 cas, le verdict est tombé durant l'enfance.

De 2008 à 2012, le nombre de nouveaux cas diagnostiqués chaque année s'est élevé à 21'000 chez les hommes et 17'500 chez les femmes. Dans les deux cas, il s'agit d'une hausse de 2000 cas par rapport à la précédente période de cinq ans.

Chaque année, 16'000 personnes meurent de maladies cancéreuses. Quelque 30% des hommes en décèdent, contre 23% des femmes.

Dans le détail, pour les hommes, 22% des décès sont dus au cancer du poumon, 15% au cancer de la prostate et 10% au cancer colorectal. Le cancer du sein est le plus meurtrier chez les femmes (19%), suivi de celui du poumon (15%) et celui du côlon-rectum (10%). La plupart des enfants meurent quant à eux d'une leucémie ou d'une tumeur au cerveau.

Risque en baisse

Le risque de cancer n'a toutefois pas augmenté au cours des deux dernières décennies. Le taux de mortalité a même reculé entre 1983 et 2012 de 27% chez les femmes et de 36% chez les hommes. La baisse est notable pour la plupart des types de cancer.

Les 200'000 personnes qui sont tombées malades il y a plus de cinq ans sont considérées comme guéries. Depuis 2008, ce taux de survie a progressé de 9 points à 65% chez les hommes et de 6 points à 68% chez les femmes. Il s'élève à 85% chez les enfants.

Détection précoce

Cette amélioration s'explique surtout par une détection plus précoce des tumeurs, notamment pour le cancer du sein, et l'amélioration des traitements. Les chances de survie dépendent du type de cancer et de l'efficacité des traitements.

Les risques évoluent aussi différemment selon les sexes. Entre 1993 et 2012, le nombre de cas et de décès liés au cancer du poumon ont ainsi augmenté chez les femmes, de plus de 40%. On peut l'expliquer en partie par la hausse du nombre de fumeuses ces dernières décennies, a indiqué Christoph Junker. Chez les hommes par contre, ce même cancer a nettement diminué.

Le cancer de l'estomac est lui en fort recul chez les deux sexes. Les spécialistes pointent du doigt la meilleure alimentation de la population en général.

Régions pas égales

Le rapport montre également que les régions ne sont pas égales face à la maladie. D'une manière générale, les cas sont significativement plus fréquents en Suisse romande et au Tessin, tant chez les hommes que chez les femmes. Ces différences sont particulièrement marquées pour des tumeurs liées à la consommation d'alcool et de tabac.

Outre les habitudes de consommation, d'autres facteurs peuvent expliquer ces écarts, notamment le recours aux prestations médicales. Dans le cas du cancer du sein par exemple, la Suisse romande connaît depuis plusieurs années des programmes de dépistage par mammographie, indique l'OFS.

En comparaison internationale, la Suisse se situe dans la moyenne européenne en ce qui concerne le nombre de cas chez les hommes. Elle affiche le deuxième taux le plus bas pour les femmes, derrière l'Autriche. Pour la mortalité, la Suisse affiche le deuxième taux le plus bas chez les hommes et le premier chez les femmes.

Nouveaux traitements

Egalement présent, le directeur de l'Office fédéral de la santé publique (OFSP) Pascal Strupler a rappelé l'importance d'un recensement exhaustif des données pour lutter contre le cancer. Et de se féliciter de l'adoption au Parlement lors de la dernière session d'une nouvelle loi en ce sens.

Médecins, hôpitaux et autres institutions seront tenus d'annoncer les cas dans un registre national. Les programmes de prévention en bénéficieront aussi.

Evoquant l'arrivée en force des traitements de type immuno-thérapie sur le marché, souvent tarifés au-delà des 100'000 francs, M. Strupler a affirmé qu'il faudra éviter que ces nouveaux traitements n'aient un impact trop important sur les coûts de la santé. Sans pour autant prétériter les patients dans l'accès aux médicaments. La branche pharmaceutique devra donc faire des efforts, a-t-il plaidé.

/ATS


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