Les jeunes veulent que leur voix compte en politique

Les jeunes ne boudent pas la politique. Deux tiers d'entre eux veulent participer aux élections ...
Les jeunes veulent que leur voix compte en politique

Les jeunes veulent que leur voix compte en politique

Photo: Keystone

Les jeunes ne boudent pas la politique. Deux tiers d'entre eux veulent participer aux élections d'octobre. Il faut valoriser cet intérêt, dit la Fédération Suisse des Parlements des Jeunes.

'Contrairement aux idées reçues, la jeunesse actuelle n'est ni rebelle ni égoïste. Responsable, elle fait preuve de beaucoup de pragmatisme', a expliqué lundi devant la presse à Berne le conseiller d'Etat genevois Pierre Maudet, président de la Commission fédérale pour l'enfance et la jeunesse (CFEJ).

Selon les résultats de l'enquête nationale de la CFEJ menée entre novembre et décembre 2014, la moitié des jeunes de 17 ans interrogés se déclarent concernés par la chose publique.

Filles moins intéressées

L'étude montre aussi qu'environ 10% des sondés attachent beaucoup d'importance à l'engagement politique, souligne la Fédération Suisse des Parlements des Jeunes dans un communiqué. Pour elle, la relève est assurée même s'il convient de mieux exploiter ce potentiel en inscrivant les droits à la participation politique dans la législation.

Une attention particulière doit également être portée aux jeunes filles qui présentent moins d'intérêt que les garçons pour la chose publique. Elles s'affirment également moins compétentes en la matière.

Ecole de la vie

Pour de nombreuses questions comme la légalisation du cannabis et l'interdiction de la vente d'alcool dans les magasins la nuit, les adolescents questionnés se positionnent comme leurs aînés. Ils associent néanmoins moins souvent que le reste de la population l'immigration à la criminalité.

Tant les jeunes Helvètes que les étrangers interrogés se disent attachés à la Suisse. 'Et, chose réjouissante, ils ont confiance dans les institutions (école, Conseil fédéral, police)', poursuit Pierre Maudet.

Si pour les Tessinois le chômage demeure le problème numéro un, les Alémaniques et les Romands évoquent plutôt la migration et l'asile. Mais les sondés s'accordent sur la libre circulation: 62% d'entre eux estiment que c'est la bonne voie pour la Suisse. La majorité des sondés (77%) rejette par contre l'adhésion du pays à l'Union Européenne (UE).

Engagés pour la société

'Toutes origines confondues, les adolescents accordent une grande importance aux transports publics plus pour des considérations pratiques qu'écologiques', souligne Pierre Maudet. Un grand nombre d'entre eux utilisent en effet ces moyens pour se rendre à leur travail ou aux cours.

Au niveau scolaire, plus de 80% des moins de 18 ans pensent que l'école doit aussi être un lieu d'apprentissage de la vie où l'on apprend à gérer son argent ou les risques inhérents aux nouveaux médias. Quant à l'éducation sexuelle à l'école, 59% l'approuvent.

Sur le plan de la sécurité, les individus questionnés ne remettent pas en cause l'obligation de servir, mais sont favorables à un service citoyen qui intègre différents domaines: défense nationale, santé, social, protection de l'environnement.

Temps partiel privilégié

Au sujet de la famille, 29% des jeunes hommes restent attachés à la répartition traditionnelle des tâches: lui travaille et elle s'occupe des enfants à plein temps. Seuls 15% des filles partagent cet avis.

Tous genres confondus, 35% des sondés plébiscitent le temps partiel tant pour l'homme que pour la femme. 'La conciliation vie privée et professionnelle revêt une plus grande importance à leurs yeux que la perspective d'un bon salaire', confie Pierre Maudet.

Pour Frédéric Cerchia, délégué à l'enfance et à la jeunesse dans le canton de Vaud et membre de la commission extraparlementaire, il convient de s'adapter à cette nouvelle donne en favorisant la flexibilité du temps de travail.

'Ces résultats et l'enquête seront transmis aux parlementaires', précise Pierre Maudet. Après 10 ans à sa tête, il quittera la présidence de la CFEJ à la fin de l'année.

Pour parvenir à de tels résultats, la CFEJ a interrogé 1990 jeunes suisses et étrangers. Il s'agit de la première enquête nationale sur la génération dite 'Z', née après 1995. L'analyse a été menée en collaboration avec l'Université de Berne et l'institut M.I.S. Trend.

/ATS


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