Libération conditionnelle rare pour les condamnés à l'internement

Très peu de détenus condamnés à l'internement en Suisse obtiennent une libération conditionnelle ...
Libération conditionnelle rare pour les condamnés à l'internement

Libération conditionnelle rare pour les condamnés à l'internement

Photo: Keystone/CHRISTIAN BEUTLER

Très peu de détenus condamnés à l'internement en Suisse obtiennent une libération conditionnelle, relève une étude. Chaque année, ces personnes jugées dangereuses avec un risque de récidive ne sont en moyenne que 2% à bénéficier d'une telle mesure.

Au cours de la période 2004-2017, seulement 27 décisions d'octroi ont été rendues, d'où cette moyenne annuelle, précise l'étude menée conjointement l'an dernier par l'Université de Fribourg et l'Office d'exécution judiciaire du canton de Berne. Et ses auteurs de constater qu'il y a presque aussi peu de libérations conditionnelles pour l'internement ordinaire que pour l'internement à vie.

Le taux de libération conditionnelle pour les détenus qui font l'objet de mesures institutionnelles selon l'article 59 du code pénal, soit ceux présentant des troubles psychotiques ou des troubles de la personnalité, est lui aussi très bas. Seuls 11% se voient octroyer cette possibilité chaque année, note l'enquête auprès des cantons dont la RTS et le SonntagsBlick ont rendu compte.

Un écart significatif

En comparaison, les détenus condamnés à des peines privatives de liberté obtiennent la libération conditionnelle dans 73% des cas par année. Les auteurs de l'étude expliquent cet écart important, qui existe dans toutes les régions de Suisse, par une procédure d'examen plus sévère ainsi qu'une évaluation différente du risque.

La libération conditionnelle d'une peine requiert que le pronostic relatif au comportement futur du délinquant ne soit pas négatif, soit que l'on ne puisse craindre de sa part de nouveaux crimes ou délits, explique l'étude, dont l'ats s'est procurée une copie. Pour l'internement, il faut pouvoir poser en plus un pronostic positif, c'est-à-dire une forte probabilité que l'auteur fera ses preuves en liberté.

L'étude montre par ailleurs que la pratique des quatre cantons les plus peuplés (ZH, BE, AG et VD) s'avère, en comparaison avec les cantons moins peuplés, légèrement plus sévère. Les deux chercheurs attribuent cette différence minime au fait que la proportion de délinquants présentant un risque élevé de récidive est probablement plus grande dans ces quatre cantons.

/ATS
 

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