Médecins-assistants: conditions de travail toujours illégales

Chez trois personnes sur quatre, la confiance dans la qualité du traitement baisse, si les ...
Médecins-assistants: conditions de travail toujours illégales

Médecins-assistants: conditions de travail toujours illégales

Photo: Keystone

Chez trois personnes sur quatre, la confiance dans la qualité du traitement baisse, si les médecins-assistants et chefs de clinique travaillent plus de douze heures par jour, révèle un sondage. Or la loi sur le travail n'est pas respectée pour près de 70% d'entre eux.

Ces professions sont assujetties à la loi sur le travail depuis 2005. Or dix ans après, des points essentiels ne sont toujours pas appliqués, a relevé Daniel Schröpfer devant la presse mercredi à Berne. Sur la base de ce constat, l'Association suisse des médecins-assistants et chefs de clinique (ASMAC) lance une action de protestation à l’intention du Conseil fédéral.

Près de 56,5 heures par semaine

La population estime qu’une durée hebdomadaire de travail de 44,3 heures est 'juste' pour les médecins-assistants, révèle le sondage réalisé auprès de la population par l’institut LINK sur mandat de l’ASMAC au début 2015. En réalité pourtant, ils travaillent 56,5 heures par semaine.

La population aussi ressent un certain malaise à cet égard: 77% des sondés estiment que leur confiance dans la qualité du traitement est mise en péril par un médecin qui a déjà travaillé 12 heures. Quelque 38% des médecins-assistants et chefs de clinique ont personnellement vécu la mise en danger de la santé d’un patient en raison de l’épuisement des médecins.

Contrôles dans les hôpitaux

Ainsi, près de 68% des sondés sont d’avis qu’une pause d’un jour serait judicieuse au plus tard après cinq jours de travail consécutifs. Dans la foulée, près de 70% des personnes interrogées exigent que les inspectorats cantonaux du travail effectuent des contrôles dans les hôpitaux.

Une campagne, intitulée 'Hôpitaux hors-la-loi' avait déjà été lancée en 2013. Mais cette fois, l’ASMAC fait un appel du pied à la population. 'Chacun peut, au moyen d’une carte postale de protestation, témoigner de son soutien pour le respect de la loi sur le travail dans les hôpitaux', explique l'organisation qui défend les intérêts de cette profession.

Réduire le taux d’abandon de la profession

Concrètement, l'ASMAC demande que la loi sur le travail soit respectée. Elle souligne de plus qu'en période de pénurie des médecins, il faudrait veiller à prendre soin des jeunes médecins pour réduire le taux d’abandon de la profession.

Pour y parvenir, les médecins devraient bénéficier de conditions de travail globalement modernes. Cela passe aussi par la mise en oeuvre de mesures favorables à la famille dans les hôpitaux.

/ATS


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