Nombre de dossiers d'aide sociale en légère baisse en 2019

L'aide sociale continue de reculer en Suisse. L'an dernier, le nombre de dossiers a affiché ...
Nombre de dossiers d'aide sociale en légère baisse en 2019

L'aide sociale continue de reculer en Suisse. L'an dernier, le nombre de dossiers a affiché une baisse de 1,2% en moyenne par rapport à 2018 dans les 14 villes étudiées. Une tendance qui risque toutefois de marquer un arrêt en 2020 à cause de la crise du coronavirus.

Cette baisse touche la plupart des villes où le risque de dépendre de l'aide sociale était jusque-là élevé comme Bâle, Bienne, Lausanne ou Winterthour (ZH), selon l'étude de l'Initiative des villes pour la politique sociale, présentée mardi à Berne. La tendance est en revanche en légère hausse dans les villes dont le taux d'aide sociale est en général plus faible comme Uster (ZH) ou Schaffhouse.

Dans neuf villes au total, le taux d'aide sociale - qui mesure le rapport entre le nombre de bénéficiaires et la population totale - a diminué par rapport à 2018, alors qu'il est resté stable dans deux autres et a augmenté dans trois, selon les indicateurs élaborés par la Haute école spécialisée bernoise et l'Initiative des villes.

En Suisse romande, Lausanne poursuit ainsi sa baisse depuis 2013 (de 10,2% à 7,6%). Quant à Bienne, elle suit une courbe semblable depuis 2016 (de 11,8% à 10,7%). Ces deux villes conservent néanmoins les taux les plus élevés des 14, devant Bâle, Winterthour et Berne.

La sortie de l'aide sociale est relativement rapide pour la plupart des bénéficiaires, soulignent également les auteurs de l'étude. Près de 13% des dossiers ne donnent lieu qu'à un seul versement et près d'un tiers nécessite un soutien allant jusqu'à six mois. La moitié des dossiers peuvent être clos dans un laps de temps de 14 mois.

Un double rôle

Pour la première fois, il a été possible de montrer que la durée moyenne de soutien n'a pas augmenté dans la grande majorité des cas. Néanmoins, pour une petite part des bénéficiaires, l'institution est devenue plus qu'auparavant 'une garantie durable du minimum vital, tâche pour laquelle elle n'a pas été conçue à l'origine'.

Derrière ces dossiers en général actifs pendant plusieurs années, on trouve surtout des personnes souffrant de problèmes de santé, dépourvues de formation professionnelle ou issues de la migration au terme de procédures d'asile ou de regroupement familial, sans diplômes reconnus ni droit à d'autres prestations complémentaires. Il peut s'agir aussi de personnes avec des enfants à charge.

L'aide sociale fait ainsi face à un 'rôle double', pointe l'étude: elle accorde des aides temporaires pour surmonter des situations de crise et fait office de garantie du minimum vital à long terme.

Un quart des bénéficiaires

Les chiffres de l'aide sociale 2020 risquent d'être plus sombres au vu de la péjoration des indicateurs du marché du travail liée à la crise sanitaire, prévoient les auteurs de la comparaison annuelle. Pour l'heure, les nouveaux dossiers ont augmenté en mars et avril, avant de diminuer à nouveau en mai suite aux mesures sociales fédérales. Les demandes de la part des indépendants ont augmenté.

La comparaison des indicateurs de l'aide sociale se fonde sur 14 villes qui accueillent au total environ un quart des bénéficiaires de l’aide sociale enregistrés en Suisse. Il s'agit de Lausanne, Bienne, Berne, Bâle, Coire, Lucerne, Saint-Gall, Schaffhouse, Zoug, Schlieren (ZH), Uster, Wädenswil (ZH), Winterthour et Zurich.

L'Initiative des villes pour la politique sociale, section de l'Union des villes suisses, représente les intérêts socio-politiques de quelque 60 villes de toutes les régions du pays. S'engageant pour un système de sécurité sociale cohérent et pour une collaboration de qualité entre les pouvoirs publics, elle compare depuis 20 ans la situation en matière d'aide sociale dans plusieurs villes.

/ATS
 

Actualités suivantes

Articles les plus lus