Nouvelle piste dans la lutte contre l'obésité et le diabète

Une étude associant l'EPFL, l’EPFZ et la Swiss Stem Cell Foundation a mis en évidence un nouveau ...
Nouvelle piste dans la lutte contre l'obésité et le diabète

Nouvelle piste dans la lutte contre l'obésité et le diabète

Photo: Bart Deplancke/EPFL

Une étude associant l'EPFL, l’EPFZ et la Swiss Stem Cell Foundation a mis en évidence un nouveau type de cellules dans les dépôts de graisse corporelle. Elles peuvent activement y empêcher la formation de cellules graisseuses.

Cette découverte, publiée dans la revue Nature, ouvre de toutes nouvelles voies pour lutter contre l'obésité et les maladies connexes comme le diabète, a indiqué jeudi l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) dans un communiqué.

Les cellules adipeuses, ou adipocytes, sont au centre de l'équilibre nutritionnel et métabolique. L'adipogenèse - la formation de cellules adipeuses matures à partir de leurs cellules précurseurs - est liée à l'obésité et aux problèmes de santé qui lui sont associés, comme les maladies cardio-vasculaires et le diabète de type 2.

Mais déterminer l'identité et les propriétés moléculaires des précurseurs des cellules adipeuses s'est avéré très difficile. A côté des adipocytes et des cellules sanguines, le tissu adipeux contient en effet un grand nombre de cellules dites stromales qu'il est difficile de distinguer en utilisant les approches traditionnelles.

Sous-populations

Des scientifiques du laboratoire de Bart Deplancke à l'EPFL, de celui de Christian Wolfrum à l'EPF de Zurich et de la Swiss Stem Cell Foundation ont utilisé une technique à haute résolution appelée 'transcriptomique à cellule unique' dans le but de caractériser, pour la première fois, les différents types de cellules stromales.

Cette technique fournit un instantané unique des gènes qui sont exprimés dans une cellule pour des milliers de cellules à la fois. Puisque les cellules de la même sous-population partagent des profils d'expression similaires, les données obtenues peuvent être utilisées pour grouper les cellules en fonction de leur similarité moléculaire.

En recourant à cette approche, les scientifiques ont d'abord identifié plusieurs sous-populations de cellules stromales dans les tissus adipeux de souris. Ensuite, l'équipe de recherche a isolé ces sous-populations et étudié leur comportement.

Cellules régulatrices

A leur grande surprise, ils ont découvert non seulement qu'une de ces sous-populations ne se différencie pas en adipocytes, mais qu'elle supprime activement l'adipogenèse d'autres cellules précurseurs grâce à un mécanisme de sécrétion. Les chercheurs ont donc nommé cette nouvelle sous-population 'Aregs', pour 'adipogenesis-regulatory cells' (cellules régulatrices de l’adipogenèse).

Les scientifiques ont poursuivi en examinant la graisse humaine, dans laquelle ils ont découvert la présence d'une population analogue de cellules inhibitrices de l'adipogenèse. Ces découvertes suscitent l'espoir que les Aregs, ou leur mécanisme d'action, puissent être exploitées pour moduler la plasticité du tissu adipeux humain.

A long terme, cela pourrait améliorer notre capacité à contrôler l'obésité et la sensibilité à l'insuline, et ainsi traiter des maladies métaboliques, y compris le diabète de type 2.

Ralentir le vieillissement

'Contrôler la formation des cellules adipeuses est important non seulement pour améliorer la santé métabolique', explique Bart Deplancke, cité dans le communiqué. 'Cela pourrait s'avérer significatif aussi pour ralentir le vieillissement puisque certains tissus, comme la moelle osseuse et les muscles, accumulent des cellules adipeuses avec le temps, ce qui affecte négativement leur fonction', ajoute le spécialiste.

Cette découverte a donc des implications biomédicales potentiellement étendues. Elle montre en outre 'qu'il subsiste de nombreux types de cellules humaines qui attendent d'être découvertes', conclut Christian Wolfrum.

/ATS
 

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