Prendre le large peut recéler de mauvaises surprises à la retraite

Partir à l'étranger peut entraîner la perte de l'AVS une fois arrivé à l'âge de la retraite ...
Prendre le large peut recéler de mauvaises surprises à la retraite

Prendre le large peut recéler de mauvaises surprises à la retraite

Photo: Keystone

Partir à l'étranger peut entraîner la perte de l'AVS une fois arrivé à l'âge de la retraite. Les personnes qui émigrent en dehors des pays de l'UE/AELE ont un an pour souscrire à une AVS facultative. Passé ce délai, il n'est pas possible de procéder à un rattrapage.

A 27 ans, J. a quitté la Suisse pour s'installer aux Etats-Unis. Nouveau continent, nouvelle vie: la retraite semble à ce moment-là extrêmement lointaine et irréelle. Un quart de siècle plus tard, J. vit toujours de l'autre côté de l'Atlantique: il se demande s'il pourra toucher la retraite dans une quinzaine d'années s'il rentrait en Suisse.

Douche froide

C'est la douche froide. 'Comme il a raté l'inscription pour une AVS facultative, il ne reste plus guère d'options', a expliqué à l'ats Sarah Mastantuoni, co-directrice et juriste à l'Organisation des Suisses de l'étranger.

'S'il rentre à l'âge de la retraite, il touchera un pourcentage de l'assurance-vieillesse selon le nombre d'années pendant lesquelles il a cotisé en Suisse. S'il rentrait avant et reprenait un travail, il recommencerait alors à cotiser et verrait son AVS reprendre des couleurs', a poursuivi la spécialiste.

Cotiser pendant 44 ans

Le délai standard de cotisation est de 44 ans, impossible donc à rattraper. Un Helvète qui a payé ses assurances sociales toute sa vie professionnelle en Suisse touchera au final une rente minimale de vieillesse de 1175 francs et la rente maximale à 2350 francs pour des personnes célibataires, selon l'Office fédéral des assurances sociales (OFAS) sur son site.

La situation n'est guère plus aisée pour les Suisses qui émigrent dans les pays de l'Union européenne (UE) et de l'Association européenne de libre-échange (AELE). Ils ne se voient plus offrir la possibilité d'une AVS facultative depuis 2002, année de l'entrée en vigueur de la libre circulation des personnes entre la Suisse et l'UE/AELE.

Deux rentes

'Nous nous y sommes opposés, mais le législateur a estimé qu'avec la coordination entre les différents systèmes sociaux, une AVS facultative n'avait plus lieu d'être', a relevé Sarah Mastantuoni. Un ou une Helvète, qui s'installe dans un pays voisin, recevra donc à l'âge de quitter le monde du travail la rente pour laquelle il a cotisé en Suisse et celle obtenue en travaillant dans sa nouvelle patrie.

Le niveau de rentes n'est toutefois pas comparable en Suisse et en Roumanie par exemple, a souligné la juriste. Les choses se corsent encore pour les personnes qui n'exercent pas d'activité rémunérée.

Prenons une femme qui suivrait son mari en Italie et qui, à titre de femme au foyer, n'y exercerait pas d'activité professionnelle. Arrivée à l'âge de la retraite, elle ne touchera rien directement de son pays d'accueil puisqu'elle n'a pas exercé un travail rémunéré. Tributaire de son époux, elle ne touchera l'AVS en Suisse que si elle y a été active avant de partir.

Périlleux

Ne pas travailler peut également se révéler périlleux dans des pays hors d'Europe sans systèmes sociaux, pour autant que l'on ait raté le coche de l'AVS facultative.

Difficile de savoir combien de personnes se retrouvent piégées une fois proches de la retraite, car il n'existe pas de statistique, selon la co-directrice. Pour les plus fortunés, reste le recours à une assurance privée.

/ATS


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