Tentative d'incendie à Berne: la défense plaide l'acquittement

L'auteur présumé d'une tentative d'incendie à la Reitschule à Berne, en août 2007, a comparu ...
Tentative d'incendie à Berne: la défense plaide l'acquittement

L'auteur présumé d'une tentative d'incendie à la Reitschule à Berne, en août 2007, a comparu mercredi devant le Tribunal pénal fédéral à Bellinzone. Accusé d'emploi délictueux d'explosif, de tentative d'incendie et de dommage à la propriété, il a plaidé non coupable.

L'homme, âgé de 26 ans, est resté laconique. Il n'a pas précisé à la Cour où il se trouvait le soir du concert à la Reitschule, le centre autonome de la capitale. Un sac à dos avait été découvert près de la table de mixage. Il contenait des bouteilles avec du liquide inflammable et un dispositif d'allumage.

Un employé du service de sécurité de ce festival de musique, organisé par un mouvement antifasciste, avait alors déposé le sac à l'extérieur. Puis l'objet s'était enflammé, provoquant une 'grosse boule de feu', selon l'employé. Des traces d'ADN et une empreinte digitale ont été prélevées sur les restes du sac après l'explosion.

Quatre ans de prison

'Nous sommes dans un procès d'indices', a dit le procureur dans son réquisitoire. Il n'y a pas d'aveux, pas de preuves directes, ni de témoignages clairs à la charge de l'accusé, 'mais l'appréciation globale de tous les indices permet cependant d'inférer sa culpabilité'.

Son comportement ciblé et dénué de scrupules doit peser dans le verdict, a estimé le représentant du Ministère public de la Confédération (MPC), qualifiant l'acte de 'lâche'. Une peine d'emprisonnement de quatre ans ferme a été requise pour emploi délictueux d'explosif, tentative d'incendie et dommage à la propriété.

Indices insuffisants

La défense a rejeté toute culpabilité et plaidé l'acquittement, arguant que les indices présentés ne suffisent pas pour une condamnation. Personne n'a pu témoigner de façon indiscutable avoir vu l'accusé déposer le sac contenant les explosifs dans la salle du concert, a argumenté l'avocat de la défense. Même les traces d'ADN ne suffisent pas à prouver sa culpabilité.

En 2013, l'enquête pénale avait été classée par le MPC, qui avait jugé que les preuves n'étaient pas suffisamment claires. Sur recours des organisateurs du festival, le Tribunal pénal fédéral avait annulé le non-lieu, appliquant le principe selon lequel le doute doit profiter à l'accusation. Or il n'y a eu depuis aucune nouvelle preuve qualitative, a fait valoir la défense.

Extrême droite

L'accusé était tombé dans les mailles de la police après avoir fait une demande pour l'acquisition d'une arme. Sa requête avait incité les agents à procéder à une perquisition à son domicile, qui avait permis de constater qu'il fréquentait des milieux d'extrême droite. Mais l'intéressé a assuré avoir quitté ces milieux et changé d'état d'esprit, grâce au service militaire effectué en 2009.

Le jeune homme a déjà été condamné pour discrimination raciale, infractions à la loi sur les stupéfiants et à la loi sur les armes. Sous le pseudonyme 'Eidgenosse 88', il avait publié des commentaires extrémistes sur Internet. Le lendemain de la tentative d'attaque contre la Reitschule, il avait salué les faits sur un site d'extrême droite.

Le Tribunal pénal fédéral examinera ces prochaines semaines la manière dont il convient finalement d'évaluer les indices. Le verdict sera prononcé le 7 avril.

/ATS


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