Projet « minoritaire » de suppression du français en vue à Zoug

Après la Thurgovie, le canton de Zoug va à son tour plancher sur la possibilité de supprimer ...
Projet « minoritaire » de suppression du français en vue à Zoug

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Photo: Keystone

Après la Thurgovie, le canton de Zoug va à son tour plancher sur la possibilité de supprimer l'enseignement du français à l'école primaire. Le législatif a chargé l'exécutif de lui soumettre un projet en ce sens, même si une majorité de députés s'y est opposée.

A Zoug, le rejet d'une motion nécessite la majorité des deux tiers. Les 40 députés qui ont refusé jeudi le texte de l'UDC et du PLR n'ont donc pas suffi face aux 34 qui l'ont soutenu. Cette répartition des forces montre toutefois que le projet aura de la peine à passer, lorsque le Conseil d'Etat zougois le soumettra au parlement.

'Pas envie d'apprendre le français'

Au nom des motionnaires, un député de l'UDC a souligné que les élèves de l'école primaire n'avaient 'pas envie d'apprendre le français' et font donc peu de progrès dans cette branche. Il a proposé que l'on fasse du français une branche facultative.

Responsable de la formation au sein de l'exécutif du chef-lieu, une représentante des Verts a répliqué en plaidant pour une Suisse ouverte et multilingue: 'il n'est quand même pas possible que nous en venions à devoir parler anglais avec les Romands!' Et de rappeler qu'en 2006, les Zougois ont soutenu en votation l'enseignement de deux langues étrangères à l'école primaire.

Une députée du PDC a mis en garde face au risque d'isoler le canton sur le plan de l'enseignement des langues. Zoug risque aussi de perdre en attractivité et un changement de système en la matière serait, en outre, très coûteux.

'Oui' pour en débattre

Les députés de l'UDC et une courte majorité du PLR ont soutenu la motion. Quelques députés du PDC et du PS ont, certes, aussi voté 'oui'. Ces derniers soutiennent toutefois souvent les motions en tous genres par principe, afin que le sujet soit débattu de manière approfondie. Leur vote ne signifie pas forcément un soutien de leur part à la suppression de l'enseignement du français à l'école primaire.

Verts, Vert'libéraux, une majorité de socialistes, ainsi que de nombreux libéraux-radicaux et démocrates-chrétiens ont rejeté la motion. Le gouvernement zougois a désormais un an pour présenter au Grand Conseil un projet. Ce sera probablement déjà le cas dans six mois, a indiqué le ministre de l'éducation Stefan Schleiss (UDC). Le législatif en débattra alors à nouveau et se prononcera définitivement sur la question.

Marche arrière en Thurgovie

Dans le canton de Zoug, comme dans la majorité des cantons alémaniques, le français est enseigné dès la 5e année primaire. L'anglais est enseigné dès la 3e année.

En 2014, le parlement thurgovien a soutenu une motion du même type, convaincu que l'enseignement du français à l'école primaire surchargeait les élèves. Il y a près de trois mois, il a finalement renoncé de justesse à la modification de la loi scolaire que lui soumettait le gouvernement et ce, après l'avoir d'abord soutenue en première lecture.

Echecs en votation

Le sujet fait débat dans plusieurs cantons alémaniques depuis quelques années. Les tentatives ont cependant toutes avorté jusque-là.

En 2015, les Nidwaldiens ont rejeté une initiative populaire demandant de réduire à une seule le nombre de langues étrangères enseignées à l'école primaire. Les citoyens zurichois ont fait de même en juin dernier. Les Lucernois se prononcent sur un texte identique le 24 septembre.

Des initiatives similaires ont été déposées dans les Grisons et à Bâle-Campagne. Dans ce dernier canton, l'anglais est nommément visé.

Deux langues depuis 2004

Le principe de l'enseignement de deux langues étrangères à l'école primaire, dont une langue nationale, date de 2004. La Conférence des directeurs cantonaux de l'instruction publique (CDIP) avait alors adopté ce modèle.

La décision avait alors déjà causé une levée de boucliers dans les cantons alémaniques. Dans plusieurs d'entre eux (Zoug, Schaffhouse, Thurgovie, Zurich), des initiatives visant à supprimer une des deux langues avaient été refusées par le peuple.

/ATS
 

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