Syrie: l'offensive sur Alep fait fuir quelque 40'000 civils

Vingt mille civils ayant fui l'offensive des forces de Bachar al-Assad dans la province d'Alep ...
Syrie: l'offensive sur Alep fait fuir quelque 40'000 civils

Syrie: l'offensive sur Alep fait fuir quelque 40'000 civils

Photo: Keystone

Vingt mille civils ayant fui l'offensive des forces de Bachar al-Assad dans la province d'Alep étaient bloqués vendredi du côté syrien de la frontière turque. Turquie et Occidentaux ont fustigé le rôle de la Russie, qui a rejeté des accusations 'de mauvais goût'.

'Environ 20'000 personnes sont rassemblées au niveau du poste-frontière de Bab al-Salama et quelque 5000 à 10'000 ont été déplacées vers la ville d'Azaz', non loin de ce point de passage fermé, a dit Linda Tom, porte-parole du Bureau des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA). Par ailleurs, 10'000 autres personnes ont été déplacées vers Afrine, ville kurde dans la province d'Alep.

Au total, 40'000 habitants de la province d'Alep ont pris la route de l'exode en direction de la frontière turque, fermée vendredi au sud de la ville turque de Kilis (sud).

L'étau se resserre

Les civils - femmes, enfants et personnes âgées en majorité - fuient l'offensive de l'armée syrienne fidèle à Bachar al-Assad sur Alep et la région, lors de laquelle au moins 120 combattants ont été tués.

Après avoir repris une localité clé, Atmane, dans la province de Deraa (sud du pays), l'armée a reconquis Rityane et Mayer et resserré l'étau autour de la ville septentrionale d'Alep, deuxième plus grande cité de Syrie. Le régime contrôle déjà les quartiers ouest d'Alep tandis que les rebelles dominent les quartiers est depuis 2012.

Asphyxie programmée

Cette progression est particulièrement dommageable pour les rebelles, dont la province d'Alep est l'un des principaux fiefs. 'Il n'y a pas un front significatif où les rebelles ne battent pas en retraite', note ainsi Emile Hokayem, de l'International Institute for Strategic Studies.

Avec la progression du régime, les opposants et quelques centaines de civils encore dans la cité en guerre pourraient se retrouver prochainement asphyxiés, leur principale route d'approvisionnement vers la Turquie ayant été coupée mercredi.

Moscou accusée de 'crimes de guerre'

L'aide de Moscou au régime syrien lui est décisive dans cette bataille. 'Les bombardements russes continuent jour et nuit. Il y a eu plus de 250 frappes aériennes en un jour dans ce secteur', selon Hassan Hadj Ali, chef d'une aile de l'Armée syrienne libre (ASL) appelée Lioua Soukour al Djabal, formée par des conseillers américains au Qatar et en Arabie saoudite.

'Environ 10'000 personnes venues d'Alep attendent aujourd'hui à la frontière pour entrer en Turquie. Les Russes bombardent sans répit, le régime bombarde sans répit. Mais le monde se tait', déplorait jeudi soir le président turc, Recep Tayyip Erdogan, accusant les 'complices' russes de Damas de 'crimes de guerre'.

'Ce n'est pas une escalade russe mais une intensification des efforts du gouvernement syrien pour combattre les terroristes', a répliqué l'ambassadeur russe à l'ONU Vitali Tchourkine. Il a aussi fait valoir que les sièges de certaines localités syriennes 'avaient été levés ces derniers jours'.

Négociations 'sabotées' par la Russie

Moscou a d'ailleurs rejeté sèchement vendredi à l'ONU les critiques des Occidentaux l'accusant d'avoir saboté les négociations de Genève par son soutien militaire à l'offensive sur Alep.

Avant même de démarrer, les pourparlers de paix indirects à Genève ont en effet été reportés au 25 février par le médiateur de l'ONU Staffan de Mistura qui a indiqué que l'ONU allait 'vérifier' le 12 février à Munich, à l'occasion d'une conférence sur la sécurité, la volonté de ces pays de parvenir à la paix, dans un entretien au quotidien italien La Repubblica.

Accusations 'de mauvais goût'

'C'est de mauvais goût, ce n'est pas le moment des récriminations, nos efforts politiques conjoints doivent s'intensifier', a déclaré à des journalistes Vitali Tchourkine juste avant le début de consultations au Conseil de sécurité sur la Syrie. La Russie a par la suite précisé qu'elle proposerait de 'nouvelles idées' lors de la prochaine rencontre internationale, 'particulièrement en ce qui concerne un cessez-le-feu'.

/ATS


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