Travail social: les professionnels face à l'épuisement émotionnel

Le domaine du travail social en Suisse est fortement marqué par la crise du coronavirus. Près ...
Travail social: les professionnels face à l'épuisement émotionnel

Travail social: les professionnels face à l'épuisement émotionnel

Photo: Keystone/PATRICK STRAUB

Le domaine du travail social en Suisse est fortement marqué par la crise du coronavirus. Près d'une personne sur trois (31,3%) fait face à un risque élevé d'épuisement émotionnel, même plus d'une personne sur deux (55,6%) en Suisse romande, selon une étude empirique.

Près de 80% des travailleurs sociaux interrogés ont malgré tout déclaré être en bonne ou très bonne santé, contre près de 90% en 2017, ce qui représente une dégradation. En 2020, un quart des professionnels ont déclaré que leur santé s'était détériorée, un phénomène particulièrement fréquent chez les stagiaires.

Près de 30% des personnes interrogées se sont plaintes de faiblesse générale, de manque d'énergie et de fatigue, contre 6,6% en 2017. Les autres sortes de plaintes ont augmenté de six à douze points de pourcentage au cours de l'année qui a vu apparaître le coronavirus.

Communication

Par ailleurs, 'la communication entre les professionnel-le-s et les bénéficiaires a fortement évolué', indique AvenirSocial, l'Association professionnelle suisse du travail social, jeudi dans un communiqué. Les causes: une croissance de la demande du côté des bénéficiaires ainsi que les transformations des processus et conditions de travail qui induisent une quantité de travail supplémentaire.

Près de la moitié des personnes interrogées ont perçu un changement négatif dans la communication avec les bénéficiaires. Et plus d'un tiers ont déclaré que la communication entre collègues et avec les supérieurs avait aussi changé de manière négative.

AvenirSocial demande donc à la Confédération et aux cantons de mettre davantage de ressources à disposition pour l'exercice du travail social. 'Les travailleur-euse-s sociaux-ales ont atteint leurs limites. Des charges supplémentaires seraient intenables et doivent être évitées. Il faut davantage de ressources, sous la forme de personnel et de moyens financiers', commente la co-secrétaire générale Annina Grob, citée dans le communiqué.

Le télétravail, le moindre des problèmes

Ce sont 3507 personnes qui ont participé entre fin 2020 et début 2021 à l'étude de l'Institut du travail social et de la santé de la Haute école spécialisée du nord-ouest de la Suisse, sur mandat d'AvenirSocial. Si l'étude livre des résultats 'préoccupants', elle indique cependant qu'une grande partie des professionnels maîtrise bien l'évolution au niveau des technologiques numériques et les réorganisations qui en découlent, comme le télétravail.

Pendant le semi-confinement du printemps dernier, 94,7% des établissements de travail social sont restés ouverts, selon l'étude. Et 97% des participants ont respecté les restrictions et les règles d'hygiène. La grande majorité des autres ont justifié leur non-respect des règles par le fait que garder leurs distances n'était pas possible dans le cadre de leurs activités quotidiennes spécifiques.

Rendez-vous annulés mais besoin d'aide

La fréquence des contacts avec les bénéficiaires a baissé dans tous les secteurs du travail social, mais à des degrés divers. La diminution a été la plus forte dans le domaine de l'aide sociale (plus de deux tiers des interrogés ont noté une baisse significative des contacts) et elle a été la moins marquée dans les foyers d'éducation spécialisée (baisse d'un peu moins de 20%).

Environ la moitié des professionnels ont observé que les patients annulaient de plus en plus souvent leurs rendez-vous, davantage dans le domaine de l'intégration professionnelle, et le moins dans celui de la santé. Toutefois, la demande de services a fortement augmenté depuis le début de la crise sanitaire, le plus fortement dans le domaine de l'aide sociale (+80%) et le moins dans le domaine du handicap (+40%). La raison: avec le coronavirus, les problèmes des bénéficiaires se sont fortement accrus.

L'intensité de la charge de travail varie d'un domaine à l'autre. Selon l'enquête, elle est la plus élevée dans le domaine de la protection de l'enfance et de l'adulte: près d'un quart des professionnels se plaignent d'une charge de travail importante. Ils sont deux fois moins nombreux à se plaindre dans les domaines de l'enfance et de la jeunesse, du conseil en matière de dépendance et de l'insertion professionnelle.

/ATS
 

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