Un ex-policier risque 10 ans de prison pour pédophilie

Le procureur général valaisan a requis 10 ans de prison lundi contre un ex-policier accusé ...
Un ex-policier risque 10 ans de prison pour pédophilie

Un ex-policier risque 10 ans de prison pour pédophilie

Photo: Keystone

Le procureur général valaisan a requis 10 ans de prison lundi contre un ex-policier accusé de pédophilie. Comparaissant devant le tribunal de Sion, l’accusé a admis les faits.

'L’accusé doit être très sévèrement puni', a dit le procureur. Durant 16 ans, et de manière régulière, l’accusé a abusé de 18 jeunes garçons âgés de 7 à 15 ans. Il est certes malade, mais sa responsabilité pénale est entière.

Le procureur a débuté son réquisitoire en citant un à un le prénom de chacune des 18 victimes. 'Ce sont les victimes à qui nous devons rendre justice' a dit le procureur qui a avoué n'avoir jamais imaginé l'ampleur de l'affaire lorsqu'il a ouvert la procédure.

L'accusé a tissé la toile de sa perversion entre 1996 et 2012. Il était policier, entraîneur de football pour des équipes de jeunes. Il se liait d'amitié avec des parents de familles en difficulté, monoparentales ou en instance de séparation.

Rituel toujours identique

Il est ainsi devenu intime de certains parents, au point d'être choisi comme parrain de confirmation par certains enfants. Lesquels venaient souvent chez lui, à sa demande. Le procureur a raconté un rituel à chaque fois similaire.

L'enfant prenait un bain ou une douche, s'habillait d'un peignoir. L'accusé l'invitait alors près de lui sur le sofa pour regarder la télévision. Les premiers attouchements avaient lieu à ce moment.

Puis il invitait l'enfant à dormir dans son lit et profitait de leur sommeil pour d'autres attouchements. Il interrompait ses actes lorsque l'enfant se réveillait.

Le procureur a demandé un suivi psycho-thérapeutique ambulatoire pour réduire le risque de récidive. Il a en revanche requis une interdiction à vie de toute activité professionnelle ou extra-professionnelle en relation avec des enfants.

Internement nécessaire

Les avocats des victimes ont mis en évidence la souffrance de leurs clients. Ils ont demandé une mesure d'internement. Les victimes craignent une récidive une fois l'accusé sorti de prison.

'Mon client a été dépecé de son innocence, de son âme, de son être', a déclaré l'un des avocats. Le prévenu a abusé sexuellement à de multiples reprises d'au moins 18 garçons de 7 à 15 ans. 'Il a commis ces abjections durant 16 ans'.

Les avocats évoquent des victimes renfermées sur elles-mêmes, ayant des difficultés à parler des traumatismes subis. Les regrets émis par l'accusé en début d'audience n'ont pas convaincu. 'Subterfuge, baliverne, imposture', a lancé un des avocats. Les victimes doutent de la sincérité de ce repentir. Lors de l'enquête, il a commencé par nier, puis a minimisé ses actes. L'ex-policier a même prétendu que les enfants le voulaient. Il n'a au final avoué qu'à moitié.

Victimes encore traumatisées

Seules quatre victimes ont assisté à l'audience. Toutes les autres ont renoncé. Le traumatisme est trop grand, les victimes ont craqué, elles se sentent coupables et n'ont pas eu la force d'assister au procès, ont expliqué les avocats.

La peine demandée par les victimes ne doit pas être exemplaire, mais juste, ont déclaré plusieurs avocats. Ils souhaitent la peine maximale, assortie d'une mesure d'internement. La société et les victimes attendent une peine qui empêche la récidive.

Clémence demandée

La défense a demandé la clémence et plaidé la réinsertion. 'Mon client a commis un crime de société, que la société ne pardonne pas', a admis le défenseur. Mais la loi veut qu'il y ait punition, réparation et réinsertion. 'C'est valable pour tous, y compris pour mon client'.

L'accusé a admis son attirance pour les enfants. Le défenseur a cependant contesté la machination. 'L'accusé est malade, c'est une dérive, pas une machination'. Les experts ont admis une possibilité d'amélioration. Selon eux, il y a de la place pour des soins et une guérison. Le défenseur a demandé qu'il soit tenu compte des regrets exprimés par l'accusé envers les victimes.

En dernière parole, l'accusé a dit regretter ses gestes et a demandé pardon aux victimes et aux familles. Détenu depuis le début de l'enquête le 25 janvier 2013, l'accusé reste en prison. Le jugement sera rendu ultérieurement.

/ATS


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