Une journée mondiale pas comme les autres à l'heure de la pandémie

La journée mondiale de l'hygiène des mains, qui est célébrée chaque année le 5 mai depuis 2009 ...
Une journée mondiale pas comme les autres à l'heure de la pandémie

Une journée mondiale pas comme les autres à l'heure de la pandémie

Photo: KEYSTONE/JEAN-CHRISTOPHE BOTT

La journée mondiale de l'hygiène des mains, qui est célébrée chaque année le 5 mai depuis 2009, rappelle l'importance de ce comportement vital dans les lieux de soins. Cette année, la pandémie lui donne une dimension particulière.

A Genève, cette journée est généralement marquée par des animations pour sensibiliser le public et le personnel soignant. Mais mardi, les Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) misent sur un événement en comité très réduit. Didier Pittet, médecin-chef du service de prévention et contrôle de l’infection des HUG, qui incarne cette lutte pour l'hygiène des mains, est de la partie.

A cette occasion, il s'est lancé dans le #safehandschallenge, qui consiste à montrer sur les réseaux sociaux comment on se lave les mains. Le professeur a nominé le conseiller fédéral Alain Berset, Darius Rochebin, l'ex-footballer brésilien Pelé, Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et Elizabeth Iro, infirmière administratrice en chef au sein de l'OMS.

Comme prévu de longue date, le thème retenu pour cette journée est la solidarité avec les infirmières et les sage-femmes, relève M.Pittet. A l'heure de la pandémie, il est plus que jamais nécessaire de les remercier pour leur engagement, selon le professeur. Pour marquer le coup, la petite présentation de mardi se tient devant la Maternité des HUG.

Une étude cruciale

Didier Pittet, très en vue depuis le début de la crise sanitaire, a développé dès 1995 le Geneva Model. Il s'agit de la méthode de désinfection des mains avec une solution hydroalcoolique couplée à une sensibilisation du personnel de la santé. Avec la pandémie, cette solution hydralcoolique est désormais utilisée par la communauté alors qu'à l'origine elle était exclusivement destinée au personnel hospitalier, relève le professeur Pittet.

Son idée révolutionnaire ne rencontre pourtant pas une adhésion immédiate. C'est finalement la publication en 2000 dans le prestigieux journal 'The Lancet' qui consacre le Geneva Model. Cette étude démontrait que les infections liées aux soins avaient été divisées par deux aux HUG suite à l'application de cette méthode.

Cadeau

Le Geneva Model est lancé au niveau mondial en 2005. Il sert de ligne directrice à l'OMS pour la sécurité des soins proposée aux hôpitaux quasiment dans le monde entier. Didier Pittet, anobli par la reine d'Angleterre en 2007, est l'ambassadeur de l'hygiène des mains à l'OMS.

L'épidémiologiste genevois a mis au point la recette de la solution hydroalcoolique avec William Griffiths, pharmacien aux HUG. Ce dernier a testé de nombreuses formules avant de trouver la bonne recette qui désinfecte sans irriter la peau. Le mode d'emploi a été offert à l'OMS. Il ne peut pas être breveté.

Précurseur maudit

Modeste, Didier Pittet rend souvent hommage au médecin hongrois Philippe Ignace Semmelweis. Cet obstétricien avait déjà démontré au milieu du 19e siècle l'utilité de se laver les mains après avoir disséqué un cadavre, avant d'effectuer un accouchement. Ce précurseur a été rejeté par ses confrères. Il a sombré dans la folie et est mort de septicémie après s'est blessé avec un scalpel en 1867.

/ATS
 

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