Une société du Toggenburg confronte les services secrets russes

Un flacon high tech fabriqué dans le Toggenburg se retrouve au coeur du scandale de dopage ...
Une société du Toggenburg confronte les services secrets russes

Une société du Toggenburg confronte les services secrets russes

Photo: Keystone

Un flacon high tech fabriqué dans le Toggenburg se retrouve au coeur du scandale de dopage qui ébranle le monde du sport russe. Entre 2011 et 2015, un millier d'athlètes auraient été impliqués dans cette affaire pilotée au plus haut niveau de l'Etat.

Lors des contrôles antidopage, les organisateurs de championnats mondiaux et ceux des Jeux olympiques se servent de flacons de douze centimètres de long fabriqués par Berlinger & Co, une société installée à Ganterschwil (SG), dans le Toggenburg. Depuis les années 1990, cette entreprise s'est spécialisée dans la lutte contre le dopage.

Vendredi dernier, l'Agence mondiale antidopage (AMA) a publié à Londres son rapport final sur le scandale impliquant les autorités russes. Depuis, l'entreprise est assaillie de questions de journalistes du monde entier. Hans Klaus, son porte-parole, est actuellement à Londres pour y répondre.

'Nous sommes heureux d'avoir contribué de manière décisive à révéler cette affaire de dopage grâce à notre produit et notre savoir-faire', a déclaré M. Klaus, contacté par l'ats.

Médailles souillées

Le dernier rapport de l'AMA, présenté par l'enquêteur en chef Richard McLaren, vient étayer les accusations de dopage à grande échelle organisé par les autorités, révélées en juillet dernier. Selon M. McLaren, il est prouvé que les échantillons antidopage de douze athlètes russes médaillés ont été manipulés pendant les Jeux olympiques de Sotchi.

Les échantillons d'urine de ces athlètes étaient scellés dans des flacons de sécurité fabriqués par Berlinger. Mais des agents des services secrets russes seraient parvenus à les ouvrir et à remplacer l'urine avec des traces de produits dopants par de l'urine 'propre'.

Selon Berlinger, les experts peuvent prouver avec certitude toute manipulation des flacons d'urine. Ceci est toujours valable après les incidents de Sotchi, selon le porte-parole. Les flacons sont par ailleurs protégés contre la contrefaçon.

'Ces actions criminelles planifiées de longue date à Sotchi sont consternantes', a déclaré M. Klaus. Les capacités des services secrets russes n'ont cependant pas été sous-estimées, soutient-il. Pendant la phase de développement des flacons, Berlinger a toujours tenu compte des possibles agissements illégaux, même au sein de sa propre équipe.

Un rapport qui soulève des questions

Le rapport de police scientifique publié de M. McLaren sur les flacons donne cependant un autre éclairage. En laboratoire, des experts seraient parvenus à ouvrir les bouchons de sécurité des flacons sans laisser de rayures, et ce à l'aide d'aide de bandes plastiques très fines.

'Berlinger ne peut pas confirmer cette déclaration sous cette forme', a indiqué le porte-parole. L'entreprise n'était pas présente lors des analyses de police scientifique de la commission McLaren. Son rôle s'est limité à fournir des informations sur les caractéristiques des flacons.

Les flacons antidopage sont en constante évolution et font l'objet d'améliorations, ajoute Berlinger. Un nouveau modèle a été présenté mi-novembre 2016. 'Des manipulations telles que celles constatées à Sotchi ne seraient aujourd'hui plus possible', a expliqué M. Klaus. L'entreprise ne publie cependant pas de détails techniques.

Une longueur d'avance

'L'affaire du dopage organisé en Russie a prouvé que nous pouvions fournir une contribution importante à la fiabilité des contrôles antidopage', affirme le porte-parole. 'En révélant les agissement criminels, les experts de Berlinger ont une longueur d'avance sur les tricheurs.'

/ATS


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