Vevey: Lionel Girardin sur le banc des accusés dès mardi

Le procès de Lionel Girardin s'ouvre mardi devant le Tribunal d'arrondissement de l'Est vaudois ...
Vevey: Lionel Girardin sur le banc des accusés dès mardi

Vevey: les règles de bonne gouvernance pas respectées

Photo: KEYSTONE/LAURENT GILLIERON

Le procès de Lionel Girardin a débuté mardi à Vevey (VD). Selon un analyste en criminalité économique, l'ex-municipal socialiste n'a pas respecté les règles de bonne gouvernance en sous-traitant des activités de la fondation Apollo à sa propre société.

Les faits reprochés tournent essentiellement autour de la fondation Apollo active dans le logement social et que Lionel Girardin présidait bénévolement. Créée en 2010 à Vevey, elle a étendu dès 2014 son activité à d'autres communes (Montreux, Aigle, Yverdon, La Tour-de-Peilz).

A partir de cette date, Lionel Girardin se voit reprocher d'avoir permis à la société Operation Project (OP Sàrl), dont il était associé gérant, d'obtenir des avantages ou des revenus injustifiés.

Prix trop élevés

Selon l'analyste en criminalité économique de la Brigade de sûreté, entendu par le Tribunal de l'Est vaudois, les principes de bonne gouvernance n'ont pas été respectés. Lionel Girardin a sous-traité à sa propre société avec un risque que les prestations ne soient pas vendues au prix du marché.

La bonne pratique voudrait que l'on fasse des appels d'offres à deux ou trois concurrents afin de voir si les prestations sont conformes aux prix du marché, a-t-il clairement souligné.

Par ailleurs, le prix des prestations d'OP est à priori élevé. Le coût des relations humaines (RH) confiées à l'épouse de Lionel Girardin a quintuplé, alors que la société a grandi, mais ne s'est pas complexifiée, estime l'analyste. Le coût annuel de la gestion RH par employé a passé de 315 francs en 2013 à 1708 francs en 2017.

Pas très lucratifs

La Fondation Apollo a déménagé dans des nouveaux locaux loués à la rue de Lausanne à Vevey pour faire face à l'extension des activités de la Fondation. Comme ils étaient trop grands, Lionel Girardin y a installé des espaces de coworking censés être plus lucratifs qu'une sous-location ordinaire.

Là aussi, l'expert se montre critique: la gestion du coworking par un tiers faisait courir un risque financier supplémentaire à Apollo. Cela diminuait sa marge sur les revenus des locations de bureaux. Selon ses calculs, les pertes se monteraient à 26'000 francs pour Apollo et l'espace de coworking n'était pas rentable, alors que le prévenu prétend que si.

La société OP s'est fait payer un tarif de180 francs de l'heure. L'analyste ne qualifie pas ce tarif, mais estime que c'est un prix qui correspond à des tâches plus complexes que louer des locaux.

Pour son propre compte

Pendant la matinée, le Tribunal a tenté de savoir si Lionel Girardin avait agi pour son propre compte ou pour le bien d'Apollo. L'opacité du fonctionnement d'OP, le manque des pièces écrites et les réponses alambiquées du prévenu lui ont donné du fil à retordre.

Il en est ressorti que si plusieurs membres du conseil ont affirmé ne pas avoir être mis au courant de la sous-location, du travail de l'épouse et du coworking à sa société, tout était limpide dans la tête de Lionel Girardin.

'Vous êtes le seul à dire que c'était clair pour tout le monde', lui a alors dit la présidente du tribunal. Pour le procureur Christian Buffat, nombre d'options stratégiques n'ont de fait pas été discutées ou évoquées pour au moins la moitié du conseil.

Pas de conflit d'intérêts

Le prévenu ne voit par ailleurs pas de conflit d'intérêts dans le fait d'avoir attribué des mandats à sa propre société. Et il le referait. Pour Lionel Girardin, l'extension du coworking s'inscrivait dans la logique de trouver des ressources pour la fondation. 'A aucun moment, il n'y a eu l'idée de prétériter ses intérêts', assure-t-il.

La syndique de Vevey Elina Leimgruber a assisté à l'audience. La Ville de Vevey s'est en effet portée partie civile. Une représentante de l'Etat de Vaud était également présente. Le procès se poursuit mercredi avec notamment un témoin et plaidoiries.

L'ex-municipal socialiste est accusé de gestion déloyale des intérêts publics, subsidiairement gestion déloyale. Il lui est reproché d'avoir empoché 74'000 francs en favorisant sa propre société au détriment de la Fondation Apollo qu'il dirigeait et qui aurait perdu 90'000 francs dans l'affaire.

/ATS
 

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