Visite consulaire sous surveillance pour Ousman Sonko

Le Tribunal fédéral a rejeté un recours d'Ousman Sonko. L'ancien ministre gambien de l'Intérieur ...
Visite consulaire sous surveillance pour Ousman Sonko

Visite consulaire sous surveillance pour Ousman Sonko

Photo: KEYSTONE/TI-PRESS/SAMUEL GOLAY

Le Tribunal fédéral a rejeté un recours d'Ousman Sonko. L'ancien ministre gambien de l'Intérieur contestait les conditions posées par le Ministère public de la Confédération (MPC) à une rencontre en prison avec le consul honoraire de son pays.

La visite avait été autorisée pour le 29 août 2018. Afin de prévenir tout risque de collusion, le MPC avait prévu que M. Sonko et le consul ne devraient pas évoquer la procédure pour crimes de guerre menée contre l'ancien dignitaire. La rencontre aurait lieu en présence de son avocat et d'un surveillant. Ce dernier devait mettre fin à l'entrevue si la conversation devait dévier.

Ousman Sonko a contesté ces conditions auprès du Ministère public qui a donc reporté la visite. Le recours de l'ancien ministre devant le Tribunal pénal fédéral a également été rejeté.

Sonko est déjà bien défendu

Dans un arrêt publié vendredi, le Tribunal fédéral repousse à son tour la demande de M. Sonko. Selon la Convention de Vienne sur les relations consulaires, rappelle-t-il, les agents consulaires sont habilités à rendre visite à leurs ressortissants incarcérés.

Afin de veiller à leur défense, les consuls ont en principe le droit d'évoquer la procédure qui a conduit à la détention. Dans le cas présent, Ousman Sonko est déjà pourvu d'un avocat qui est intervenu à de nombreuses reprises devant toutes les instances compétentes.

En outre, le risque de collusion invoqué par le Ministère public de la Confédération est jugé 'important'. En effet, l'ancien ministre dispose encore de contacts en Gambie qui lui permettraient d'exercer une influence sur les personnes qui doivent être encore entendues dans le cadre de cette procédure.

Ousman Sonko a assumé d'importantes fonctions sous la dictature du président Yahya Jammeh qui a duré de 1994 à 2017. Ancien commandant de la garde présidentielle, il a également été inspecteur général de la police avant de devenir ministre de l'Intérieur entre 2006 et 2016. Il est accusé d'avoir assisté à des actes de torture et à des atteintes à l'intégrité sexuelle perpétrés par des policiers alors qu'il exerçait ces fonctions.

L'ancien dignitaire gambien est détenu en Suisse depuis la fin janvier 2017. Depuis plusieurs mois, il séjournait incognito dans le centre d'accueil pour requérants de Lyss (BE). Il a été arrêté sur dénonciation de l'ONG Trial International. (arrêt 1B_499/2018 du 10 décembre 2018)

/ATS
 

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