Première: le Blick a plus de lecteurs en ligne que sur papier

Le virage numérique qu'opère Ringier depuis huit ans paie. En 2016, 62% du bénéfice EBITDA ...
Première: le Blick a plus de lecteurs en ligne que sur papier

Première: le Blick a plus de lecteurs en ligne que sur papier

Photo: Keystone

Le virage numérique qu'opère Ringier depuis huit ans paie. En 2016, 62% du bénéfice EBITDA a été généré par les activités numériques. La tendance se retrouve dans l'édition. Pour la première fois, le Blick a compté plus de lecteurs en ligne que sur papier.

Le résultat d'exploitation avant intérêts, impôts, dépréciations et amortissements (EBITDA) s'est inscrit à 108,3 millions de francs, soit une progression de 13% par rapport à 2015. Le chiffre d'affaires a, quant à lui, augmenté de 11% pour atteindre 1,05 milliard de francs, a indiqué mercredi la société.

Cette hausse est d'une part due à la croissance générale sur les places de marché numériques. Le groupe la doit à la consolidation du portefeuille de magazines de la joint venture Ringier Axel Springer Suisse.

Moins dépendant du journalisme

La dépendance au coeur de métier de Ringier, à savoir les journaux, les magazines et l'impression, a été réduite, écrit le groupe de presse. Les affaires en ligne constituent désormais le plus grand soutien économique de la société.

'Le journalisme est et reste une part centrale de nos activités', a toutefois souligné le directeur de la maison d'édition du Blick Marc Walder devant les médias. 'Mais nous ne savons pas si le journalisme va rester économiquement supportable ces prochaines années.'

Plus de pub en ligne que sur papier

La tendance au numérique concerne aussi l'édition. Ringier mise sur la production de vidéo pour attirer les 'clicks' et une équipe de 27 collaborateurs s'active au Blick dans ce domaine. Avec succès: 340 millions de vues en 2016, soit cinq fois plus qu'en 2014, lors du lancement de l'offensive.

Par ailleurs, le nombre de lecteurs du Blick en ligne a pour la première fois dépassé celui de la version papier. En plus, le chiffre d'affaires publicitaire de blick.ch a également dépassé pour la première fois celui du journal.

La fin de la presse papier n'est toutefois pas pour tout de suite, Marc Walder s'en montre convaincu. Selon lui, les journaux restent les garants d'une marque éditoriale.

Mort de l'Hebdo: un 'bémol'

Le grand changement de 2016 dans l'édition a été la naissance de la joint venture Ringier Axel Springer Suisse. Elle regroupe 30 titres de magazines et de journaux qui représentent un lectorat de 3,1 millions de personnes sur papier et 4,1 millions en ligne.

Ringier considère cette fusion comme 'une opportunité pour le développement et la numérisation des magazines'. La disparition début 2017 de l'Hebdo, qui faisait partie de Ringier Axel Springer, n'est pas mentionnée dans le communiqué et est qualifiée de 'bémol' dans le rapport annuel.

Sauver le Temps

Interrogé à ce sujet, Marc Walder a rappelé que l'hebdomadaire romand était déficitaire depuis plusieurs années. Il a par ailleurs assuré que Ringier allait s'engager pour la survie du Temps, qui faisait rédaction commune avec l'Hebdo.

Un journal de référence a la place pour se développer en Suisse romande, a expliqué le directeur, même si, comme les autres publications, le Temps est également sous pression. Il a rejeté les rumeurs d'une possible vente du quotidien.

Moins d'investissements

Outre les publications, Ringier détient en Suisse plusieurs plates-formes d'annonces en ligne, comme anibis.ch, scout24.ch, jobs.ch, et de commerces en ligne comme ideecadeau.ch ou deindeal.ch. Avec 7300 collaborateurs, le groupe est présent dans 19 pays, principalement en Europe de l'Est, en Asie et en Afrique.

La société possède au total plus de 150 publications, 200 plates-formes numériques et 90 applications mobiles. En 2016, le groupe de presse a investi 77,9 millions de francs, contre 105,3 millions en 2015.

/ATS
 

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